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actu & culture


PARIS - mercredi 02 janvier 2008 à 17h19

La cigarette de moins en moins conviviale


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La cigarette dans les bars, restaurants et discothèques, c'est fini. Après une tolérance de 24 heures pour laisser passer le réveillon, l'interdiction de fumer dans les lieux de "convivialité" est entrée définitivement en vigueur ce mercredi.

"Les retours sont excellents. Je note que l'observation de cette nouvelle réglementation est partout excellente", s'est réjouie la ministre de la Santé Roselyne Bachelot lors d'une visite dans une grande brasserie du XVIIIe arrondissement de Paris.

Après une journée de tolérance mardi pour le Nouvel An, le tabac est définitivement banni des cafés, hôtels, restaurants, casinos, cercles de jeux et discothèques. Cette interdiction était déjà appliquée depuis onze mois dans les entreprises, administrations, établissements scolaires et hôpitaux.

Le tabac est uniquement autorisé dans des locaux aménagés. Ces emplacements doivent être clos, équipés de dispositifs de ventilation puissante et aucune prestation ne peut y être délivrée.

En l'absence de lieu spécifique, les contrevenants risquent une amende de 68 euros. Quant au propriétaire d'établissement qui favoriserait la violation de l'interdiction ou n'aurait pas mis en place la signalétique, il s'expose à une contravention de 135 euros. Et le fait d'encourager les infractions, en installant notamment des cendriers, est passible d'une amende de 750 euros.

Mais dans l'immédiat, les pouvoirs publics souhaitent privilégier la prévention et le dialogue. "Nous souhaitons que la verbalisation soit faite avec rigueur, mais dans un esprit d'abord de prévention", a souligné mercredi Mme Bachelot. "Les instructions que nous avons données, c'est que si la législation n'était pas respectée, place d'abord au dialogue, à l'information", a-t-elle ajouté. "S'il y avait des récalcitrants, des récidivistes, à ce moment-là, il y aurait une amende".

Les établissements semblent résignés. Michel Bessière, patron de la brasserie Wepler où s'est rendue la ministre, s'est dit "plutôt favorable à cette loi". Il est difficile de travailler dans "un milieu enfumé du matin au soir", a-t-il souligné.

Non loin de là, dans un bar-tabac voisin, un étourdi se fait rappeler à l'ordre au moment où il se met à fumer une cigarette. "On préfère que les gens ne fument pas. Ils vont doucement s'habituer", affirme Alex Nesanir, le responsable de "La Havane", où l'odeur de tabac froid reste cependant tenace. "Parfois, les non-fumeurs rentraient mais ressortaient car il y avait trop de fumée".

Maria Boyer, co-propriétaire d'un café depuis 17 ans, avoue cependant son inquiétude. "Je pense qu'au début, on va souffrir. On va avoir 50% de baisse de consommation", redoute-t-elle. "On fera tout pour qu'ils ne fument pas parce que je ne veux pas qu'ils aient des amendes", mais "on n'a pas eu au comptoir les fumeurs habituels".

Quant aux bars à chicha, Roselyne Bachelot a insisté sur le fait qu'ils ne seraient pas exemptés d'interdiction. Ils "devront se conformer à la législation et transformer leur activité", a-t-elle souligné, rappelant qu'il y avait "autant de monoxyde de carbone dans une bouffée de narguilé que dans la totalité d'une cigarette".

Dans les discothèques, l'heure est à la dédramatisation. Les clients le prennent "sur le mode ludique", assure Patrick Malvaës, président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL). "Il n'y a pas eu de problème majeur" la première nuit et c'était "presque un challenge" pour les clients de griller la dernière cigarette juste avant minuit, rapporte-t-il.

"Il faut prendre les choses en dédramatisant", "quitte à ce qu'un employé sorte avec les clients pour fumer", explique-t-il à l'Associated Press. Et d'insister sur la nécessité d'adopter un "discours décomplexé" en faisant passer le message que "fumer, c'est has been". AP

ir/cov/mw