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actu & culture


PARIS - mercredi 02 janvier 2008 à 19h45

Les anti-OGM mettent la pression dans l'attente d'une clause de sauvegarde sur le maïs transgénique



Deux mois après le Grenelle de l'environnement, les militants anti-OGM montent le ton pour exiger du gouvernement la "garantie" de l'application de la clause de sauvegarde européenne au maïs transgénique Monsanto 810, seul autorisé en France.

L'altermondialiste José Bové a ainsi prévu d'entamer jeudi matin une grève de la faim à durée indéterminée en compagnie d'une quinzaine de personnes, à Paris sous la Tour Eiffel, pour "contraindre le gouvernement à appliquer la clause de sauvegarde comme il s'y est engagé pendant le Grenelle de l'environnement".

Dans un entretien au quotidien régional "Sud-Ouest" paru mercredi, il rappelle que des "engagements" ont été pris par le gouvernement fin octobre mais déplore la "reculade" qui a suivi. "Début novembre, on nous avait dit que ce n'était plus qu'une question de jours (...) La clause de sauvegarde était rédigée, mais il y a eu des pressions, puis une reculade. Les lobbies agro-industriels l'ont emporté de manière très claire sur la volonté affichée de défendre l'écologie et le principe de précaution, donc de mettre en place le moratoire", dénonce Bové.

Egalement désireuse de faire monter la pression, La Confédération paysanne appelle dans un communiqué les Français à "interpeller leurs parlementaires pour que ceux-ci votent une loi qui garantisse la liberté et le droit à produire et consommer sans OGM" et à signer une pétition en ligne pour ce même droit. "Le mois de janvier sera décisif", prévient le syndicat agricole, insatisfait du projet de loi sur les OGM qui, selon lui, "en l'état, (...) rendrait possible le développement des cultures d'OGM au mépris complet des engagements pris à l'issue du Grenelle de l'environnement".

Plus modérée, la fédération France Nature Environnement (FNE) reconnaît pour sa part que "le gouvernement a manifesté sa volonté de bloquer le circuit de distribution des semences du maïs OGM MON810 par l'envoi d'une lettre à la Commission européenne", mais prévient néanmoins qu'elle "suspendra sa participation au comité de préfiguration (de la Haute autorité sur les OGM, NDLR) au terme de la séance du 9 janvier dans l'attente d'une attitude responsable et sans ambiguïté du gouvernement au sujet d'une véritable clause de sauvegarde" qui aura été "notifiée à la Commission européenne".

Un nouveau projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés promis par Nicolas Sarkozy à l'issue du Grenelle de l'environnement doit être présenté au Parlement le 15 janvier. Il devrait créer une Haute autorité indépendante qui émettra des avis publics sur toute question relative aux OGM, notamment sur l'adoption d'une clause de sauvegarde pour le MON810, seul maïs transgénique autorisé à la culture en France et qui fait l'objet d'un décret de suspension jusqu'au 9 février.

Le comité de préfiguration de cette Haute autorité doit donner autour du 11 janvier son avis sur le MON810. Lors du conseil des ministres du 19 décembre, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a assuré que le gouvernement suivrait l'avis de la Haute autorité. AP

pf/mw




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