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Grève de la faim anti-OGM. Le militant altermondialiste José Bové et une quinzaine de militants anti-OGM ont entamé jeudi à Paris une grève de la faim pour faire pression sur le gouvernement afin qu'il applique une clause de sauvegarde qui interdirait la culture du maïs transgénique.
"Le gouvernement s'est engagé à appliquer cette clause de sauvegarde" interdisant la culture du maïs MON810, le seul actuellement autorisé en France, a justifié José Bové devant les journalistes. "Nous sommes en grève de la faim parce que la parole n'a pas été tenue", a insisté l'ancien candidat à la présidentielle, "ces engagements doivent être respectés". Les anti-OGM dénoncent le simple gel des cultures OGM décidé jusqu'au 9 février. Celui-ci est vécu comme une provocation dans la mesure où le maïs n'est pas cultivé en hiver.
Partis à pied de la tour Eiffel, la quinzaine de grévistes, soutenus par une cinquantaine de militants, se sont rendus devant le ministère de l'Ecologie, avenue de Ségur (VIIe arrondissement). Ils y ont installé une caravane, destinée à accueillir "un piquet de vigilance" pour rappeler le mouvement "à tous ceux qui viennent à ce ministère", a expliqué José Bové. Une délégation a été reçue par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet.
"Les engagements du Grenelle et du président de la République, ils sont tenus", a affirmé cette dernière. "Il y a pour le moment un gel de la culture OGM jusqu'au 9 février", a-t-elle rappelé. "Dans l'attente, on a mis tout de suite en place un comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM (qui) rend ses travaux mercredi ou jeudi prochain", a-t-elle ajouté. "C'est ces travaux qui éclaireront les conditions de mise en oeuvre de la clause de sauvegarde", a-t-elle expliqué.
Si l'avis du comité "est défavorable ou s'il est réservé, il y aura une activation de la clause de sauvegarde, conformément aux engagements du Grenelle de l'environnement et en application du principe de précaution", a précisé la secrétaire d'Etat, affirmant que c'était "une affaire de quelques jours".
Les grévistes de la faim se sont ensuite installés rue de la Banque (IIe arrondissement), dans l'immeuble squatté depuis le 26 décembre 2006 qui a été baptisé "Ministère de la crise du logement", notamment à l'initiative de l'association DAL. Ils y ont reçu la visite de la socialiste Ségolène Royal venue les soutenir dans l'après-midi.
Les grévistes de la faim promettent de poursuivre leur mouvement tant que la France n'aura pas envoyé officiellement un courrier demandant à la Commission européenne l'application de cette clause de sauvegarde. "Pour que la grève s'arrête, il suffit que la France envoie une lettre à Bruxelles", a résumé Yves Manguy, ancien porte-parole de la Confédération paysanne et gréviste de la faim.
"On attend impatiemment que le gouvernement fasse ce qu'il a dit", a lancé Laurence Godfroy, fermière en Dordogne et elle aussi gréviste de la faim. "Dès qu'on a su que le moratoire était passé à la trappe, on s'est dit que trop c'est trop et on a décidé de se lancer dans cette grève", a-t-elle affirmé.
Les 15 militants, qui ne s'alimenteront plus pendant une période "illimitée", souhaitent surtout que la clause de sauvegarde soit activée avant le 9 février, date de la fin de la suspension de la commercialisation du MON 810 décidée dans la foulée du Grenelle.
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a pour sa part invité José Bové à respecter "le temps de l'évaluation scientifique". "Nous sommes dans ce temps-là et moi je souhaiterais que tout le monde, y compris José Bové, respecte ce temps du débat et de l'évaluation", a déclaré le ministre sur France Info. Il a exprimé son incompréhension d'"une décision grave" telle que la grève de la faim alors même que selon lui "le gouvernement fait ce qu'il a promis". "Je pense franchement qu'il y a dans notre pays, dans une démocratie adulte et moderne comme la nôtre, d'autres moyens de faire valoir ses arguments, de participer au débat, de convaincre, que de faire une grève de la faim", a-t-il dit.
Le gouvernement présentera le 15 janvier à l'Assemblée son projet de loi sur les OGM, un texte qui déçoit les opposants aux cultures transgéniques. Selon la confédération paysanne, il "rendrait possible le développement des cultures d'OGM". AP
lp/ca/mw
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