Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - jeudi 07 fevrier 2008 à 17h18

Plan banlieue: maigres espoirs chez les associations



A la veille de la présentation à l'Elysée du très attendu plan "Espoirs banlieue", les associations engagées sur le terrain semblaient dubitatives, peu convaincues que le président de la République puisse faire des annonces à la mesure des immenses attentes.

Les premières indications, dévoilées le 22 janvier par la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville Fadela Amara, n'ont pas vraiment déclenché l'enthousiasme. "On nous avait annoncé un plan banlieue plus important", se souvient Hassan ben M'Barek, le président de l'association Citoyenneté et Démocratie, qui regrette la disparition du "Plan Marshall" promis par le candidat Sarkozy.

A ses yeux, "il y a une dizaine de thématiques qui ne sont pas abordées", comme le logement, les relations entre les jeunes et la police ou les problèmes de santé. "Ce plan ne s'adresse peut-être qu'à des jeunes, mais est-ce qu'on réglera le problème sans s'adresser aux papas et aux mamans qui vivent dans ces quartiers et qui sont au chômage?", interroge Mohamed Mechmache, le président d'AC Le Feu.

"A partir du moment où on n'agit pas sur la question de la mixité sociale dans les quartiers populaires -en appliquant la loi SRU par exemple-, je ne vois pas comment ça peut avoir un impact", s'interroge Zacharia ben Amar, président de l'association Authenti-cité à Nanterre et conseiller municipal PS.

Même si certains objectifs, comme la création de 45.000 emplois ou le renforcement des relations entre le préfet et les maires, sont favorablement accueillis, et même si Nicolas Sarkozy est susceptible de compléter largement les annonces de sa secrétaire d'Etat, les associations ne sont pas enthousiastes. Pour beaucoup, le plan "Espoirs banlieue" sera "le énième plan banlieue après le énième ministre", selon l'expression de M. Ben Amar.

"La seule chose positive, c'est que le président de la République a l'intention de dire que les banlieues, c'est quelque chose d'important", estime Pierre Bourguignon, maire socialiste de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) et président de l'association Ville et banlieue.

La plupart des responsables associatifs interrogés auraient préféré voir une "politique globale" s'engager en faveur des quartiers en difficulté, voire de la ville en général. "On passe notre temps à expliquer qu'il faut un travail global de l'Etat et des collectivités locales pour s'occuper du tissu urbain", explique Pierre Bourguignon.

"Il faut bien commencer par un bout", tempère Jadée Dubois, élue municipale UMP de Villefranche-sur-Saône et présidente de l'Association nationale des élus de banlieue (ANEB). Elle ira à l'Elysée "pleine d'espoir", attendant que le discours présidentiel soit "étoffé par rapport aux premières annonces", notamment sur l'accession à la propriété.

Les autres pointent déjà la faiblesse des crédits prévus. "Je vais peut-être découvrir qu'on a trouvé des moyens pour mettre sur la pédale de l'accélérateur", ironise Pierre Bourguignon, "mais je connais l'état des finances de l'Etat". "Avec un milliard d'euros pour 50 ou 100 quartiers, on ne réglera pas les problèmes de fond", déplore Mohamed Mechmache. "Les effets d'annonce, il faut qu'on arrête. Les rustines sur les chambres à air ne sont plus les bonnes solutions". AP

lp/cov/mw