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actu & culture


EVRY - samedi 01 mars 2008 à 19h11

Etampes: 13 ans de réclusion criminelle pour avoir poignardé une enseignante



Un "véritable gâchis", selon la victime. Kévani Wansale, le jeune homme de 20 ans jugé pour avoir poignardé une enseignante en plein cours en décembre 2005, a été condamné samedi à 13 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Essonne qui a considéré que son geste était prémédité.

Le ministère public avait requis quinze ans de prison à son encontre.

Le jeune homme, qui était jugé depuis mercredi à Evry, a été reconnu coupable d'avoir frappé de plusieurs coups de couteau le 16 décembre 2005 Karen Montet-Toutain, professeur d'arts plastiques au lycée professionnel Louis-Blériot à Etampes. L'enseignante avait été grièvement blessée à l'abdomen et au bras.

"Le mot de la fin, c'est que toute cette histoire est un véritable gâchis pour les deux parties. Que d'un simple problème de communication, nous en sommes arrivés là...", a regretté la victime, très émue, devant la presse après le verdict. "C'est véritablement dommage".

"Je ne suis pas satisfait. C'est inimaginable", a de son côté déclaré à l'Associated Press l'avocat du jeune homme, Me Damien Brossier. "Il faut les faire les 13 ans. Vous sortez dans quel état? Quelqu'un qui sort après quelques années de prison n'est pas du tout la même personne qu'après dix ans. Est-ce qu'on peut un jour s'en remettre?", s'est-il demandé.

Me Brossier a estimé qu'il n'avait "pas besoin" d'une condamnation aussi longue après son parcours. L'ancien élève a en effet grandi sans référence personnelle, son père étant mort durant la guerre au Zaïre dans des conditions floues, et sa scolarité a été perturbée par de nombreux déménagements et plusieurs placements.

La défense a dix jours pour faire appel de cette décision si elle le souhaite. Me Brossier a précisé qu'il s'agissait d'une "décision qu'il faut mûrir". "Est-ce qu'on peut avoir une décision meilleure que celle-là? Sur des faits de ce type-là, vous pouvez être condamné à 18 ans", a-t-il rappelé. Kévani Wansale encourait la réclusion criminelle à perpétuité.

L'accusation affirmait que le lycéen avait prémédité son geste, s'appuyant sur les différents témoignages des élèves présents au moment de l'agression. L'élève s'était par ailleurs assis au premier rang, contrairement à ses habitudes.

Une semaine avant les faits, Kévani Wansale avait été exclu de son lycée. La veille des faits, lors d'un entretien avec la mère du lycéen, Mme Montet-Toutain lui avait indiqué qu'un conseil de discipline était envisagé et qu'il pouvait être exclu définitivement. De retour de ce rendez-vous, la mère l'avait réprimandé pour son comportement de "voyou" en classe.

Le 16 décembre au matin, l'enseignante aurait demandé à l'élève de retirer le blouson qu'il conservait en classe. Après avoir refusé, l'élève se serait levé avant de s'approcher d'elle et de la poignarder. Au cours de l'enquête, Kévani Wansale a reconnu être l'auteur des faits, mais a affirmé qu'il n'avait aucune intention de tuer l'enseignante. Il avait expliqué qu'il était venu au lycée avec un couteau afin de se suicider, avant de se raviser.

Alors que Mme Montet-Toutain avait auparavant alerté sa hiérarchie sur des problèmes en classe, un rapport de l'Inspection générale a estimé en janvier 2006 que l'Education nationale n'avait pas commis de "faute caractérisée" ayant pu entraîner l'agression de l'enseignante.

Son avocat, Me Koffi Senah, a dit souhaiter que cette affaire "serve de leçon, que l'Education nationale entreprenne un vrai travail de fond et qu'enfin des solutions adéquates puissent être trouvées pour le corps enseignant dans son ensemble". AP

ir/pf/mw




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