Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID : Ok
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


FORT-DE-FRANCE - dimanche 20 avril 2008 à 21h44

Nicolas Sarkozy en Martinique pour "rendre l'hommage de la nation" à Aimé Césaire



Le président Nicolas Sarkozy est venu "rendre l'hommage de la nation" à Aimé Césaire, dimanche, à l'occasion des obsèques du chantre de la "Négritude", au stade Pierre-Aliker de Fort-de-France.

Peu après sa descente de l'avion à l'aéroport qui porte le nom de l'écrivain, poète et homme politique martiniquais, décédé jeudi à 94 ans, M. Sarkozy a salué "un homme de liberté qui n'a cessé de défendre la valeur de la civilisation en inventant le concept de négritude".

"Aujourd'hui, je suis venu dire à la Martinique que la France entière partage sa douleur, et que c'est la nation tout entière qui est en deuil", a déclaré le chef de l'Etat, qui n'a pas prononcé d'allocution lors de la cérémonie des obsèques nationales au stade Pierre Aliker.

"C'est avec une profonde émotion que je viens aujourd'hui rendre l'hommage de la nation à Aimé Césaire qui nous a quittés jeudi dernier", a-t-il dit.

"De cette île de la Martinique, si loin de la métropole, est né un des plus grands poètes de France, et sans doute l'un des plus grands poètes du XXe siècle", a estimé Nicolas Sarkozy.

Aimé Césaire était aussi un "être universel", un "symbole de la lutte pour le respect des peuples", un "sage", un "défenseur infatigable de la dignité humaine et du respect des droits de l'Homme". "Finalement tous ceux qui ont lutté pour l'émancipation des peuples au XXe siècle se sont reconnus dans ce combat", a-t-il estimé.

"La France perd l'un de ses grands hommes", a insisté Nicolas Sarkozy. "Il restera pour nous tous celui qui a su faire progresser les consciences, il restera celui qui a su par son combat porter un message bien au-delà des frontières de notre pays".

"Nous nous souviendrons toujours de cet homme dont l'épaisseur humaine était si évidente, de cet homme qui malgré l'importance de son oeuvre et sa renommée, savait faire preuve de simplicité et d'humour, de cet homme qui savait recevoir les plus grands et aussi les plus modestes", a également déclaré le président de la République.

"C'est un homme de lettres que la France a perdu, qui aura toute sa vie été un amoureux de la littérature".

La France a aussi perdu "un homme politique, un homme politique de conviction, un orateur exceptionnel, sur les bancs de l'Assemblée nationale". "A sa manière un peu rebelle, il savait donner le ton à ses discours émouvants et engagés, lors de débats très souvent enflammés", a-t-il observé.

"Tous les Français se sentent aujourd'hui martiniquais dans leur coeur. Alors que les Martiniquais sachent et comprennent que les 7.000km qui les séparent de la métropole n'ont jamais en ce jour aussi peu compté. Que les Martiniquais sachent que notre République, une et indivisible l'est également dans l'amour, dans la peine et l'espérance", a encore souligné le chef de l'Etat en expliquant que sa "place ne pouvait être aujourd'hui que sur cette terre de Martinique, aux côtés de ceux qui sont dans la peine".

Précisant que ses premières pensées allaient à la famille d'Aimé Césaire -avec laquelle il devait s'entretenir après l'allocution-, le chef de l'Etat a dit savoir "la peine profonde, et le sentiment de vide que ressentent tous les Martiniquais".

Le président de la République s'est ensuite rendu au stade Pierre-Aliker pour les obsèques du poète, qui ont commencé peu après 14h30 locales (20h30 à Paris). AP

mgh/cr/com