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actu & culture


AMIENS, Somme - mercredi 23 avril 2008 à 18h48

Début du procès du clan Hornec



Le procès d'une partie du clan Hornec, dont certains membres sont considérés comme les "parrains" présumés du milieu parisien, s'est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel d'Amiens (Somme) qui les juge pendant trois jours pour des vols par ruse sur personnes vulnérables ou vols de véhicules à la fausse qualité.

Dans le box, car détenus, Marc Hornec, 41 ans, son frère Jean-Claude, 54 ans, et leur cousin Fabrice, 33 ans. Sur le banc, donc libres, deux autres cousins Hornec -David, 33 ans, et Medhi, 34 ans- ainsi qu'un ami de la famille, Florian Choby, la compagne de Marc Hornec, Lydia Chainay, son frère Marc et Jimmy Hornec, un autre cousin.

Quant à la famille, venue assister au procès, elle occupe toute la troisième rangée de la salle d'audience, échangeant de petits signes ou sourires avec les trois prévenus dans le box. Et lorsqu'ils sortent à plusieurs de la salle d'audience, un des hommes du GIPN met la main à son arme...

Après un bref rappel des vols à la fausse qualité commis sur des personnes âgées en Picardie puis dans le Nord, dont certains sont imputés à Marc Hornec et Marc Chainay, puis les vols de voitures et l'association de malfaiteurs reprochés quatre prévenus pour un "saucissonnage" dans l'Isère, le tribunal a commencé à interroger Jean-Claude Hornec sur les faits qui lui sont reprochés.

Selon un mode opératoire similaire, deux faux policiers se présentaient chez des personnes âgées pour leur dérober des objets de valeur. Debout dans le box, Marc Hornec pourrait passer pour un interprète en langage des signes tellement ses mains s'agitent et ses bras moulinent l'air.

"Je vous dis pas que je suis pas un saint. J'ai eu des petits problèmes. Vous allez me retrouver dans un grand braquage comme Spaggiari, mais pas dans un truc comme ça parce que je suis un homme", a-t-il dit mercredi après-midi. Sauf qu'entre Marc Hornec et Albert Spaggiari, un monde politique les sépare.

Dans la matinée, il s'est défendu d'avoir abusé de la faiblesse de personnes âgées en se présentant comme policier. "C'est pas mon domaine", assure cet homme placé sous curatelle en raison de problèmes psychologiques. "Moi, je vous le dis sincèrement, je vous parle du coeur. C'est pas mon truc, mes avocats le savent très bien. Je fais pas ça. J'ai un très grand respect pour les personnes âgées et tout", dit-il au tribunal. Sa mère et sa grand-mère sont respectivement âgées de 75 et 98 ans. Comment imaginer qu'il pourrait commettre de pareils actes. Mieux, il mettrait "quelques gifles" à celui qui s'en prendrait à des vieilles personnes.

Pourtant un enfant de 12 ans assure avoir reconnu Marc Hornec et Marc Chainay qui lui auraient demandé où habitait la dame riche de son village en septembre 2000.

Interrogé par le tribunal sur ses activités, Marc Hornec se brosse en hommes d'affaires. "A part les manèges, j'ai toujours été dans les affaires avec des membres de ma famille. Je suis un peu dans l'immobilier avec des gens" et un peu "dans les tapis". En guise de conclusion: "je me débrouille, je gagne ma vie. Je suis quelqu'un de sincère".

Dans l'après-midi, le tribunal a entendu la seule partie civile présente à l'audience, victime d'un vol violent de véhicule commis par de faux policiers. La justice soupçonnait Fabrice Hornec d'y avoir participé. La victime l'a dédouané.

Depuis de nombreuses années, le clan Hornec, des gens du voyage sédentarisés, est soupçonné d'être la grande famille du milieu parisien. Souvent cités dans des affaires de machine à sous, d'extorsions, de braquages de fourgons blindés, de "saucissonnages", de trafic de stupéfiants, les "H" ont presque toujours échappé aux poursuites judiciaires. En 2006, Jean-Claude et son autre frère Mario sont "tombés" dans une affaire de cocaïne. Ils sont incarcérés depuis.

Le procès se poursuit jusqu'à vendredi. AP

pas/mw




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