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actu & culture


PARIS - mardi 29 avril 2008 à 16h38

Primaire: Darcos présente des programmes recentrés sur "les fondamentaux"



Xavier Darcos a corrigé sa copie. Le ministre de l'Education nationale a présenté mardi les nouveaux programmes de l'école primaire recentrés sur "les fondamentaux" que sont le français et les mathématiques, répartis sur 24 heures hebdomadaires contre 26 heures aujourd'hui, avec comme objectif de faire de l'école primaire "le premier étage de la fusée réussite pour tous".

Critiqué par les syndicats d'enseignants qui ont lancé un appel à la grève pour le 15 mai prochain, M. Darcos a précisé que ces nouveaux programmes ont été élaborés après consultation de "380.000 enseignants" et à partir de "11.000 contributions" et "50.000 remarques" sur internet, qui ont entraîné une modification de la réforme initiale. "Nous avons progressé et les programmes que nous présentons aujourd'hui sont le reflet de cette discussion globale et adaptée à la demande d'aujourd'hui", a-t-il expliqué.

Ainsi, pour l'enseignement du français, "les connaissances qui paraissaient loin de l'usage nécessaire des enfants" comme les "temps compliqués" (le passé antérieur) ou certaines tournures littéraires "sont repoussées vers le collège", a indiqué le ministre lors d'une conférence de presse. Au total, le français représentera 10 heures d'enseignement par semaine en CP et CE1, puis huit heures en CE2, CM1 et CM2.

Répondant à la crainte que l'enseignement de la lecture ait lieu dès la dernière année de maternelle, M. Darcos a assuré que "la découverte des lettres à l'école maternelle ne devait pas s'apparenter à un apprentissage précoce de la lecture".

Pour les mathématiques qui seront enseignées cinq heures par semaine dans l'ensemble des classes du 1er degré, la division simple (c'est-à-dire la division par deux et par cinq de nombres entiers) sera enseignée en CE1, mais il faudra "donner un peu de temps pour les divisions plus compliquées".

Autre changement: le sport sera enseigné trois heures par semaine au lieu des quatre heures initialement prévues, a ajouté M. Darcos, car cela "donnait l'impression qu'on compressait les horaires, et cela nous a donné un peu de liberté pour les autres disciplines".

Quant à la notion d'apprentissage par coeur, ce que M. Darcos qualifie d'"automatisme", c'est la "source de l'autonomie: lorsqu'un sportif ou un musicien veut être autonome ou progresser, il acquiert des automatismes". "Il est faux d'opposer l'acquisition des automatismes, l'appris par coeur d'un certain nombre de règles, à l'autonomie de l'enfant qui, au contraire, peut s'épanouir à partir de ces règles sûres".

"Ce qui est passéiste", un des reproches qui lui a été fait, "c'est que de croire que la seule réponse à l'échec actuel de l'école primaire, ce soit juste une question de moyens", a-t-il lancé. "Je n'ai qu'une préoccupation: ce qui est bien pour les petits enfants de France. Je ne me pose aucune autre question", a prévenu Xavier Darcos, qui ne sera pas "le ministre qui cède" mais celui "qui ira jusqu'au bout des réformes".

Mais les syndicats semblaient sceptiques sur ces modifications. Le secrétaire général du Syndicat des enseignants-UNSA Luc Bérille a déclaré sur RTL avoir trouvé "la prise en compte d'un certain nombre de critiques mais nous restons très largement sur notre faim". "Il nous semble que c'est surtout une prise en compte cosmétique: on modifie un certain nombre des détails, qui ne sont pas totalement négligeables, mais la philosophie profonde n'a pas été modifiée et c'est ça qui nous inquiète".

Pour sa part, Gilles Moindrot, secrétaire général du Syndicat national unitaire des instituteurs (SNUIpp, majoritaire), a critiqué un "alourdissement" des programmes, un déséquilibre dans les matières et le retour aux "automatismes" et au "par coeur" dans les apprentissages. "Ce n'est en revenant 20 ans ou 30 ans en arrière que l'on peut trouver les pistes pour faire que tous les élèves réussissent", a-t-il jugé sur RTL.

L'ancien ministre socialiste de l'Education Jack Lang a estimé dans un communiqué que ce plan était "sans doute l'une des plus grandes fautes intellectuelles perpétrée contre l'école de la République". Elle "se traduira par une régression (...), mettra en cause la double ambition de notre école: l'excellence et l'égalité des chances". AP

ljg/lat/mw