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Les associations de défense de l'environnement ont reconnu mercredi que l'avant-projet de loi de Jean-Louis Borloo reprenait "globalement" les engagements du Grenelle de l'environnement, tout en se montrant prudentes face aux "flous" qui demeurent, notamment sur les moyens financiers.
Le porte-parole de l'Alliance pour la planète et directeur des programmes de Greenpeace France Yannick Jadot a indiqué à l'Associated Press que "le projet de loi reprend en partie les décisions de Grenelle", ce qui constitue "une étape essentielle". Mais "les engagements de l'Etat, les contraintes, le financement sont très faibles", a-t-il regretté, disant redouter que le Grenelle "perde de ses ambitions" lors de son passage devant les députés.
"Il y a des inquiétudes, avec des écarts sur lesquels on n'a pas eu d'explications", a-t-il déploré, citant l'exemple de la modification du calendrier pour le développement de l'agriculture biologique qui devait représenter "6% en 2010. Là, on passe à 2013 mais rien ne justifie cet écart". Du coup, "on agite quelques drapeaux" et "on dispose de dix jours pour une clarification", a-t-il conclu.
Pour la fédération France Nature Environnement (FNE), "globalement il y a un petit peu de perte en ligne, mais c'est fidèle aux engagements du Grenelle que nous avons négociés en octobre 2007", a commenté son porte-parole Arnaud Gossement. "Nous n'avons pas eu le projet de loi Grenelle II, ce projet de loi qui va décliner les objectifs concrètement", a-t-il noté. "On attend Grenelle II, qui doit être soumis aux acteurs de Grenelle d'ici à la fin de la semaine".
Mais "ce n'est qu'une première étape, on est au début d'un nouveau processus, pas au terme", a jugé le porte-parole de la FNE. "Le plus important, ce n'est pas l'objectif. Nous, on est dans l'étape d'après, sur la mise en oeuvre, comment on va faire concrètement pour changer la société française".
Quant au président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, il a également estimé que "globalement, on est vraiment dans l'esprit du Grenelle". "Sur le plan de la biodiversité, je note qu'il y a trois parcs nationaux qui vont se constituer, on va récupérer 20.000 hectares de zones humides, dix aires marines protégées, 2% du territoire vont être en protection forte".
"Très franchement, il y a huit mois on n'osait pas imaginer un tel projet, mais on va voir comment il se met en oeuvre", a ajouté M. Bougrain-Dubourg, qui a exprimé des inquiétudes pour le passage de la loi devant le Parlement. "Chez les parlementaires, sans leur faire offense, dès qu'ils vont être au travail, il va y avoir les boîtes à lobbying qui vont s'ouvrir dans tous les sens. A nous de les refermer ou de tempérer d'autres approches à l'égard du projet collectif", a-t-il prévenu. AP
ljg/cov/mw
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