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Olivier Etienne, 45 ans, le guide français seul survivant du groupe de six randonneurs à ski emportés mercredi par une avalanche dans le parc du Grand Paradis (Italie), près de la frontière française est hors de danger, a-t-on appris dimanche de source médicale à Aoste.
Le guide, polytraumatisé, a quitté samedi soir les soins intensifs de l'hôpital régional d'Aoste pour être admis en chirurgie thoracique au deuxième étage du même bâtiment. Il devrait rester hospitalisé en Italie encore plusieurs jours.
Les corps des cinq victimes de l'accident -quatre hommes et une femme- âgés de 38 à 60 ans, originaires de l'Aube, la région parisienne et Vichy (Allier), déposés à la chambre funéraire de l'hôpital de Cuorgnè (Piémont) devaient être rapatriés lundi en France, ont indiqué les responsables du lieu. Un examen de médecine légale a permis d'établir que toutes les victimes étaient polytraumatisées et a révélé de très nombreuses fractures.
Le procureur d'Ivrea (Piémont) a ouvert une enquête pour tenter de déterminer les responsabilités dans cet accident, le plus grave enregistré dans le parc du Grand Paradis, selon des sources judiciaires.
Lors de son audition vendredi par les gendarmes italiens, le guide français a expliqué que son groupe qui effectuait en quatre jours, depuis Val d'Isère (Savoie), le tour à ski de randonnée du Grand Paradis avait été balayé et emporté par une coulée de neige qui les a précipités sur une barre rocheuse au-dessus de la commune de Ceresole Reale, a-t-on appris de sources policières. L'accident s'est produit mercredi après-midi non loin du col de Basei, vers 2.500m d'altitude. Olivier Etienne a refusé de répondre aux questions des journalistes.
Cette version aurait été mise à mal par les sauveteurs italiens. Guido Bianchetti, 57 ans, responsable depuis près de 20 ans du secours en montagne à Ceresole Reale, a affirmé à l'Associated Press qu'aucune trace de coulée de neige n'avait été relevée en amont du lieu où se trouvaient les Français. Selon lui, le groupe surpris par le mauvais temps et alors que la visibilité était nulle "a fait une erreur d'itinéraire". "Ils n'ont pas vu le seul et unique couloir qui permet de descendre des barres rocheuses et ont essayé de rejoindre le refuge tout droit, en dehors de l'itinéraire" a expliqué le sauveteur. Pour lui, "les Français ont eux mêmes déclenché la coulée qui les a précipités, après une chute d'une cinquantaine de mètres, sur les barres rocheuses".
Les six montagnards étaient tous encordés au moment de l'accident. Les cinq corps dégagés jeudi matin sous 50 centimètres de neige étaient toujours attachés malgré leur chute vertigineuse. La veille, lors d'une ultime rotation dans la tempête de neige et le brouillard, les sauveteurs qui avaient aperçu en surface le guide français, gravement blessé mais encore conscient, avaient dû couper sa corde pour l'embarquer à bord de l'hélicoptère.
Joint par téléphone par l'AP, le gardien du refuge de Benevolo, où les Français avaient passé la nuit de mardi à mercredi, affirme pour sa part avoir déconseillé au groupe de poursuivre sa randonnée en raison des conditions météo prévues mercredi sur l'itinéraire. Selon les services de météo locaux, le risque d'avalanche était de trois sur les cinq degrés de l'échelle européenne d'avalanche.
L'alerte avait été donnée mercredi en fin d'après-midi par le gardien du refuge de Chiavassa où les Français étaient attendus. Inquiet de ne pas voir arriver le groupe et en raison de la tempête, il avait alerté les secours en montagne d'Aoste.
La traversée du parc du Grand Paradis est un itinéraire classique de ski alpinisme. Il ne présente pas de grandes difficultés mais le recours à l'accompagnement par un guide est fortement conseillé. Cette course s'effectue en quatre jours au départ de Val d'Isère. AP
boi/cov/cr
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