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actu & culture


CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes - lundi 05 mai 2008 à 19h00

Monique Olivier se décrit en femme soumise



La cour d'assises des Ardennes a entamé lundi l'examen de personnalité des époux Fourniret, débutant par celui de Monique Olivier qui a déroulé sans trop savoir "par où commencer" les grands pans de sa vie, avant que son premier concubin et leur premier fils ne soient entendus.

"Quelque chose sur ma vie, je veux bien, mais je ne sais pas par où commencer", a répondu Monique Olivier au président qui lui a demandé lundi de se raconter. Une vie qui pourrait se résumer en deux parties où deux de ses trois compagnons André Michaux et Michel Fourniret ne sont nommés que par leur patronyme.

Sur la première, "vide, banale et solitaire", avant qu'elle ne rencontre André Michaud, premier compagnon, puis Michel Fourniret, elle ne dira pas grand-chose. Deux frères plus âgés, une mère attentionnée et un père qui ne l'aimait pas, explique-t-elle. "Je n'ai pas eu la vie familiale que j'aurais voulu".

Sa vie, du moins la deuxième partie, commence donc en 1972 après sa rencontre avec André Michaux, directeur d'auto-école, un voisin de ses parents en Loire-Atlantique. La vie allait bien. Deux garçons naîtront en 1980 et 1981. André Michaux avait une passion, la peinture qui le conduira à vendre son auto-école. Monique Olivier lui servait de modèle. En 1982, tout se dégrade, explique Monique Olivier.

André Michaux devient jaloux, brutal, dit-elle. Et de décrire une scène de violence où après l'avoir frappé il l'aurait jetée dans la baignoire remplie, lui plongeant à plusieurs reprises la tête sous l'eau. "Il me disait que c'est de cette façon qu'il faisait parler les arabes en Algérie", raconte Monique Olivier.

Elle tente de quitter Michaux, se réfugie à Nîmes où il la rejoint. Ils revivent plus ou moins ensemble. Elle l'accuse, derrière la vitre du box des accusés, de nombreux maux. Elle lui abandonnera l'autorité parentale pour avoir la paix, explique-t-elle.

Devenue garde-malade, c'est "sur le journal 'Le Pèlerin'", qu'elle trouve l'annonce de Michel Fourniret. Et pense que c'est une femme qui cherche à correspondre avec une autre femme. "Quand il a répondu, c'était un homme. C'est comme ça que j'ai rencontré Michel Fourniret".

Au président qui la questionne, elle se décrit en femme soumise. "Je ne suis pas capable de me révolter, de dire 'non'". Puis dit toujours avoir pensé être inférieure aux autres. "Si j'avais été bonne élève, j'aurais voulu faire médecine", sinon "coiffeuse". Quant aux hommes, elle est mal tombée deux fois. "Mais je ne peux pas dire que c'est moi qui les rend comme ça". Mais élude les questions sur les raisons qui avaient conduit Fourniret en prison. "Il avait payé sa dette. Je pensais qu'il changerait".

Entendu dans l'après-midi, André Michaux, accent méridional, costume gris clair, collier de barbe blanche, lunettes de soleil sur le front, a démenti les accusations de Monique Olivier. "Pour mettre une femme dans une baignoire, il faut être trois hommes. Deux qui la tiennent et un qui lui met la tête dans l'eau". Et là, Gilles Latapie, le président de la cour d'assises se lâche: "surtout quand elle s'appelle Monique". Quelques secondes de stupeur avant un long moment d'hilarité générale, libératrice du poids des faits examinés depuis un mois.

Murphy, le premier fils de Monique Olivier et André Michaux, n'a pas la faconde méridionale de son père. Ses mots ont du mal à sortir. Il refuse de nommer Michel Fourniret. "Il s'appelle personne". Un individu qui eu une influence néfaste sur sa mère. Une mère à qui il ne reproche rien et au côté de laquelle il sera toujours présent pour la soutenir.

L'audience se poursuivait dans la soirée. AP

pas/sb