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actu & culture


CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes - mercredi 07 mai 2008 à 18h45

Les deux personnalités de Fourniret, selon ses deux premières épouses



Les deux premières épouses de Michel Fourniret, entendues mercredi par la cour d'assises des Ardennes, ont décrit un homme à la double personnalité: l'une attachante, l'autre beaucoup plus difficile à cerner.

Petite femme brune, lunettes sur le nez, Annette, sa première épouse, ancien cadre hospitalier, a vécu quatre ans, de 1963 à 1967, avec Michel Fourniret dont elle est l'aînée de sept ans. Ils se sont rencontrés avant son départ pour la guerre d'Algérie dont elle dit qu'il est revenu "marqué".

De là-bas, il lui écrivait de très belles lettres avec des fleurs séchées. Leur vie commune a commencé après sa démobilisation. "Il avait des absences que je mettais sur le compte de la guerre", dit Annette R. Leur enfant naîtra en 1964.

En quatre ans, aucun problème majeur, sauf quand survient un incident avec une mineure en 1966, suivi de son incarcération. Elle réfléchira longtemps avant de demander le divorce. Elle était contre. De cet homme, Annette assure qu'il "pouvait faire quelque chose de sa vie", qu'il "avait beaucoup de qualités". Un homme qui "avait deux personnalités. Une personnalité attachante. Je ne sais pas ce qui s'est passé après avec ce parcours criminel". Elle parlera de "gaspillage" à propos de cette affaire.

Nicole C., sa seconde épouse, demande au président si son passage à la barre "sera long". Car "c'est très émouvant" de se trouver en un endroit comme la cour d'assises. Le couple s'est séparé voilà 25 après 13 ans de vie commune entre 1969 et 1984. "Je ne le reconnais plus du tout", murmure-t-elle.

Elle lui a dit oui, non "par enthousiasme mais par raison", elle avait déjà 30 ans. "J'ai le souvenir d'un homme qui m'a accompagnée et qu'il fallait que j'accompagne". Comme Annette, Nicole évoque la double personnalité de son ex-mari mais "n'arrive pas à comprendre comment il en est arrivé à ce genre de méfaits". Un jour, tout allait bien, puis "on ne sait pas par quel hasard, le ciel s'assombrissait". Il ne lui avait pas mentionné ses précédents ennuis judiciaires. "Quant il disait la vérité, je ne le croyais pas", répond-elle à la cour.

Le couple aura trois enfants, un garçon et des jumelles. L'aîné est mort en 1995, happé par une fendeuse à bois, et l'une des jumelles s'est suicidée en 2006. De son mari, elle dit qu'il était "exigeant, courtois, prévenant parfois, autoritaire à condition qu'on veuille bien se laisser faire". Mais elle sait se défendre. Comme père, il était "plutôt distant". Un père dur avec son fils aîné qui voulait tant lui ressembler.

Accroché à la barre, Nicole C. exhorte Michel Fourniret à prendre la parole en public, ce qu'il refuse depuis le début du procès fin mars. "Je voudrais bien comprendre et d'autres personnes ici", lui lance-t-elle. S'ensuit un long échange entre eux où il finit par lui demander: "Est-ce que tu me donnerais l'ordre de parler en public?". Réponse: "oui".

Michel Fourniret explique alors qu'il s'exprimera sur les faits si ses deux enfants, qui doivent témoigner ce jour, lui en donnent l'ordre.

L'audience se poursuivait en fin d'après-midi. AP

pas/mw




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