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Nicolas Sarkozy poursuit son travail de pédagogie à l'égard des Français. En déplacement dans la matinée au marché de Rungis, il s'est adressé ensuite sur RTL à "la France qui travaille", pour annoncer notamment la création d'un fonds d'aide face à la hausse du prix du pétrole, abondé par les surplus de TVA.
Le chef de l'Etat a suggéré "que toutes les recettes supplémentaires dues à la TVA sur les produits pétroliers à partir d'un certain niveau (...) soient mises dans un fonds qui va nous permettre d'aider les Français qui en ont le plus besoin".
Les surplus de TVA générés par l'augmentation du prix du pétrole représentent selon lui "150 à 170 millions d'euros par trimestre", et "je voudrais qu'on consacre l'ensemble de ces sommes aux aides", telles que le tarif social du gaz.
Il a notamment évoqué la prime à la cuve, actuellement de 150 euros: "non seulement on la pérennisera pour l'année prochaine, mais on la portera à 200 euros, et on financera ça par ce surcroît de revenu" issu de la TVA.
Sur le plan européen, Nicolas Sarkozy compte proposer à ses partenaires de "suspendre" la TVA sur les produits pétroliers pour faire face à la hausse du prix du pétrole. "Cela veut dire que la TVA ne s'appliquerait plus à un niveau donné" de prix du pétrole.
La France doit prendre début juillet la présidence tournante de l'Union européenne.
"Si le baril continue à augmenter, est-ce qu'on doit garder un taux de TVA proportionnel au prix dans les mêmes conditions?", s'est interrogé le chef de l'Etat. "Ma proposition, c'est qu'on le stabilise".
Mais "c'est une décision qui serait européenne" et "je ne peux pas le décider tout seul", a-t-il souligné.
Nicolas Sarkozy a longuement défendu la "cohérence" de sa politique économique, en martelant qu'elle "commence à porter ses fruits". "Le chômage va continuer à baisser", a-t-il affirmé.
Il a également tranché certains débats qui agitent la majorité, à commencer par celui sur la durée légale du travail: "il y aura toujours une durée hebdomadaire du travail en France et elle sera de 35 heures, et ma réponse est définitive".
Il a aussi exclu de repousser l'âge légal du départ en retraite, alors que la présidente du MEDEF Laurence Parisot suggérait de le faire passer à 63 ans et demi: "je ne le ferai pas", parce que "je n'ai pas de mandat pour faire cela", a-t-il dit. Et "je dois faire aussi avec la société française telle qu'elle est".
Nicolas Sarkozy n'entend pas non plus augmenter la redevance: "je vous le dis: c'est non".
Interrogé sur le Livre blanc sur la Défense en cours d'élaboration, le chef de l'Etat a affirmé qu'il en "présenterai(t) les grandes orientations à la mi-juin et les restructurations début juillet". Il a en revanche repoussé à plus tard sa décision sur la construction du deuxième porte-avions: "la décision devrait être prise aux alentours de 2011-2012 (...) Je vais y réfléchir. C'est une décision lourde".
Nicolas Sarkozy a par ailleurs démenti tout conflit avec François Fillon, malgré l'organisation des petits-déjeuners des leaders de la majorité à l'Elysée, et plus à Matignon, et la réunion chaque semaine de sept ministres autour de lui, en l'absence du Premier ministre.
"Tout se passe bien", a-t-il assuré. "Vous n'arriverez pas à mettre un coin entre M. Fillon et moi".
Dans le premier cas, "c'est une décision que j'ai prise avec le Premier ministre François Fillon", après "le problème de la motion de procédure votée par inattention de quelques responsables, sur les OGM".
"L'avantage de ces petits déjeuners du mardi, c'est qu'au moins personne ne peut mettre un coin entre le Premier ministre et moi, puisque nous sommes ensemble". Pour le reste, "il m'arrive de réunir des ministres, c'est ainsi", a-t-il minimisé. AP
co/mgh
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