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La ministre du Logement Christine Boutin a défendu vendredi "l'effort très net" de la France dans le domaine du logement social, alors que le Comité des droits sociaux du Conseil de l'Europe accuse la France, dans un rapport publié jeudi, de violer plusieurs dispositions garantissant le droit au logement.
"Il va falloir que peut-être le Conseil de l'Europe apprenne à utiliser Internet ou des technologies un peu plus rapides. Cette décision, qui a été prise en décembre 2007 sur une situation en 2006, paraît en juin 2008!", a-t-elle réagi, interrogée sur Canal+.
"Les choses s'arrangent", a assuré la ministre. "Il y a un effort très net et l'Europe va le dire", a-t-elle ajouté, annonçant "une décision" du Conseil de l'Europe "en juin ou juillet prochain", "qui va noter que la France a pris la loi sur le droit au logement opposable" et qu'elle "a fait des efforts importants".
"Il n'y a jamais eu autant de logement sociaux en construction depuis 30 ans", a-t-elle souligné, précisant que 108.000 logements de ce type avaient été construits en 2007, mais qu'on "ne peut pas en 18 mois, un ans, récupérer un retard de 25 ans".
La ministre du Logement a également fait valoir un "effort colossal" fait en direction des sans-abri avec le financement de 14.000 logements en 2007, et la "traque des marchands de sommeil" très dure, pour faire disparaître les logements insalubres.
Le Comité des droits sociaux du Conseil de l'Europe a rendu un rapport faisant suite à une requête introduite par plusieurs associations dont ATD Quart Monde le 26 janvier 2006.
Dans ce document de 50 pages, il considère en premier lieu que la France viole les dispositions relatives à la prévention des expulsions locatives, notamment en "raison du manque de dispositifs permettant de proposer des solutions de relogement aux familles expulsées".
Il juge aussi que la France ne permet pas l'offre de logements accessibles aux ménages les plus pauvres, pointant une "inadéquation manifeste et persistante des mécanismes d'intervention existants pour s'assurer que l'offre de logements sociaux aux plus défavorisés bénéficie de toute la priorité qui convient".
Le rapport épingle également des "dysfonctionnements du système d'attribution de logements sociaux", et "l'insuffisance des voies de recours en cas de délais d'attribution trop longs".
Par ailleurs, le Comité accuse la France de ne pas garantir suffisamment l'accès au logement des gens du voyage. AP
lat/cov/cr
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