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actu & culture


PARIS - mardi 17 juin 2008 à 17h13

La cour d'appel de Paris examine le cas d'un Tchétchène réclamé par Moscou



La cour d'appel de Paris examinera mercredi une demande d'extradition formulée par la Russie à l'encontre d'un de ses ressortissants d'origine tchétchène, qui demandé l'asile politique en France. Moscou l'accuse d'avoir participé en 1998 au Daghestan à l'attaque d'un convoi de policiers, a-t-on appris auprès de son avocate, Me Anne Le Tallec.

Cet homme, Akhmed Lepiev, arrivé en France en janvier 2008 avec son épouse et ses trois enfants, a été arrêté le 21 février à la préfecture de police en vertu d'un mandat d'arrêt international délivré en avril 2006.

Les autorités russes l'accusent d'être membre d'un groupe de combattants tchétchènes qui, le 29 novembre 1998 au Daghestan, a attaqué tué cinq membres d'une unité des forces spéciales. "Il avait 16 ans à l'époque des faits", a déclaré à l'Associated Press son avocate qui assure que son client n'a jamais participé à cette attaque à main armée. En octobre 2003, un juge russe a lancé un mandat d'arrêt contre M. Lepiev.

Me Le Tallec, qui demande à la France de rejeter la requête russe, dénonce une procédure d'extradition à "but politique" et avance plusieurs explications. La première pourrait être liée au premier mariage de son client avec une femme dont la famille est soupçonnée d'appartenir à la résistance tchétchène. La seconde résulterait du refus de la famille Lepiev de rejoindre les milices du président tchétchène pro-russe Ramzan Kadirov, qui appartient au même clan qu'elle.

Akhmed Lepiev a quitté le Daghestan en 2002 pour l'Egypte, où il a vécu avec sa seconde épouse et ses enfants jusqu'à la fin de l'année 2007. Selon son avocate, il s'est présenté à plusieurs reprises à l'ambassade de Russie pour faire renouveler ses papiers et déclarer la naissance de ses enfants.

Arrêté au Caire en octobre 2007 à la demande des autorités russes, il a été interrogé durant un mois sur son appartenance à la résistance tchétchène, torturé, avant de se voir demander de quitter l'Egypte, indique Me Le Tallec. Il est arrivé en France en janvier 2008, via l'Azerbaïdjan, avec des faux papiers.

Me Le Tallec dit relever des incohérences dans l'enquête russe. Elle fait état de documents du ministère russe de l'Intérieur qui, en février 2004, précisent que quatre hommes ont été condamnés pour cette attaque, un cinquième, qui n'est pas son client, étant encore en fuite. Ces documents ne mentionnent pas le mandat d'arrêt. Ce qui fait dire à l'avocate qu'Akhmed Lepiev n'était pas recherché en 2004 par les autorités russes.

Elle assure que son client ne bénéficiera pas d'un procès équitable en Russie s'il est extradé et risque même la peine de mort, les faits reprochés s'étant déroulés en période de guerre.

Des ONG comme Amnesty international ou Human Rights Watch dénoncent depuis de nombreuses années le caractère systématique de la torture en Tchétchénie par les forces russes à l'encontre de la population locale. AP

pas/mw




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