Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
La cour d'appel de Paris a ordonné mercredi la remise en liberté d'un Russe originaire de Tchétchénie réclamé par les autorités judiciaires de la Fédération de Russie qui l'accusent d'avoir participé en 1998 à l'attaque d'un convoi de policiers au Daghestan (sud).
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris examinera le 10 septembre la demande d'extradition au sujet de laquelle le ministère public a demandé aux autorités judiciaires russes un complément d'information. Il estime qu'elles "n'ont pas fait preuve d'une grande rigueur dans la description des faits et l'implication" d'Akhmed Lepiev. Avant de rappeler qu'il risquait la peine de mort en Russie, les faits reprochés s'inscrivant dans un "contexte de guerre civile".
Les autorités russes l'accusent d'être membre d'un commando tchétchène, "islamisant sans doute", a expliqué mercredi à l'audience l'avocat général Jean-Charles Lecompte qui, le 29 novembre 1998 au Daghestan, a attaqué tué cinq membres d'une unité des forces spéciales du ministère de l'Intérieur.
Akhmed Lepiev, entré en France en janvier 2008 muni de faux papiers avec sa femme et ses trois enfants, a demandé l'asile politique avant d'être arrêté en préfecture le 21 février. Incarcéré à la maison d'arrêt de La Santé à Paris, il a fait une tentative de suicide. Sa demande d'asile politique est toujours à l'étude à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Un avis favorable a cependant été émis.
Mercredi, il a nié les faits qui lui sont imputés. Il a quitté la Russie en 2002 pour l'Egypte. "Les Russes ne confèrent aucun droit aux Tchétchènes. Ils les traitent comme des animaux. Je dirai même pire que des animaux", a-t-il déclaré par le truchement d'un interprète.
Son avocate, Me Anne Le Tallec, a dénoncé une procédure d'extradition à "but politique" avançant plusieurs explications. La première pourrait être liée au premier mariage de son client avec une femme dont la famille est soupçonnée d'appartenir à la résistance tchétchène. La seconde résulterait du refus de la famille Lepiev de rejoindre les milices du président tchétchène pro-russe Ramzan Kadirov, qui appartient au même clan qu'elle.
L'avocate a fait état d'un communiqué du ministère russe de l'Intérieur qui, en février 2004, précise que quatre hommes ont été condamnés pour cette attaque de 1998, un cinquième, qui n'est pas son client, étant encore en fuite. Ce document ne mentionne pas le mandat d'arrêt qui daterait de 2003 émis par un juge russe.
Me William Bourdon, autre avocat de M. Lipiev, a demandé à la cour de ne pas faire droit à cette demande de complément d'information qui sera, pour les autorités judiciaires russes, "l'occasion de persévérer dans la fabrication de fausses preuves".
Le représentant du ministère public s'était opposé à la demande de remise en liberté de M. Lipiev. En ordonnant sa remise en liberté, les magistrats de la chambre de l'instruction lui ont imposé de ne pas quitter l'Ile-de-France, de pointer une fois par semaine au commissariat et de justifier tous les mois de sa domiciliation. AP
pas/mw
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|