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actu & culture


PARIS - lundi 23 juin 2008 à 15h42

Démantèlement en Europe d'un réseau d'immigration clandestine, 24 interpellations en France



Un réseau international d'immigration clandestine animé par des ressortissants essentiellement irako-kurdes vient d'être démantelé en France et dans plusieurs autres pays européens. Au total, 75 personnes ont été interpellées, dont 24 dans l'Hexagone, notamment en région parisienne et à Cherbourg, selon les autorités.

L'opération a bénéficié de la "coopération exemplaire" des forces de police de dix pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, France, Grèce, Irlande, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède), ont précisé les ministères de l'Intérieur et de l'Immigration lundi dans un communiqué.

Les membres du réseau, "essentiellement d'origine irako-kurde, organisaient le passage clandestin de compatriotes, mais aussi d'Iraniens, d'Afghans et de Chinois, vers le Royaume-Uni, l'Irlande, la Suède et la Norvège, via d'autres pays de l'Union européenne".

Selon le communiqué, près de 1.300 policiers ont été mobilisés à l'échelle européenne dans le cadre de cette opération qui a abouti au total à 75 interpellations.

En France, 24 personnes ont été interpellées lundi: six à Paris, trois en région parisienne, une dans l'Oise, quatre au Havre et dix à Cherbourg, a annoncé le parquet de Paris. Agés de 21 à 48 ans, les suspects sont d'origine irakienne, iranienne, marocaine, tunisienne, algérienne, mauricienne, turque et française. Ils ont été placés en garde à vue. Celle-ci peut durer jusqu'à 96 heures.

Aux Pays-Bas, trois hommes ont été arrêtés à Leeuwarden, dans le nord du pays, selon le parquet. Lors de perquisitions dans deux maisons, des documents, des téléphones portables, un ordinateur et des documents de voyage ont été saisis.

Début juin, six ressortissants irakiens avaient été interpellés en Allemagne. Sept personnes ont été arrêtées lundi, selon un porte-parole du parquet de Coblence. Quatre d'entre elles étaient également recherchées pour trafic de stupéfiants. Au total, 16 personnes, dont deux femmes de nationalité allemande, sont concernées par l'enquête. Les autres suspects sont originaires d'Irak, de Turquie, du Maroc et d'Italie. Le chef présumé de la cellule allemande est un ressortissant irakien âgé de 28 ans vivant à Wuppertal.

En Suède, une douzaine de suspects ont été arrêtés la semaine dernière et lundi, selon le parquet. Plusieurs d'entre eux ont ensuite été relâchés. En Belgique, des opérations ont été menées à Bruxelles et dans la ville voisine de Louvain. Dix personnes ont été placées en garde à vue, selon des sources policières.

Amorcée par l'OCRIEST (Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre) voilà plus d'un an, l'enquête a mobilisé en France près de 200 policiers, selon les ministères de l'Intérieur et de l'Immigration.

A la suite d'informations communiquées par Europol et les autorités britanniques, une information judiciaire avait été ouverte le 9 mai 2007 et confiée à deux magistrats de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, a expliqué le parquet de la capitale. Cette information vise les faits d'"aide à l'entrée et au séjour irrégulier commis en bande organisée", ainsi que d'"association de malfaiteurs". Les peines encourues sont de dix ans d'emprisonnement et de 750.000 euros d'amende.

L'enquête a révélé "l'existence d'une filière transnationale bien structurée d'immigration clandestine de ressortissants irako-kurdes entre l'Irak et un certain nombre de pays du nord de l'Europe, organisée et animée, moyennant finances, par des ressortissants irakiens", a noté le parquet.

Les migrants, qui arrivaient essentiellement du nord de l'Irak, mais également de nationalité iranienne, afghane, pakistanaise, chinoise et bangladaise, gagnaient la France, pays de transit, par la Turquie, la Grèce, et l'Italie. L'une des branches de la filière leur permettait de gagner le Royaume-Uni ou l'Irlande, tandis que la seconde les emmenait vers les pays scandinaves.

Selon le parquet, plusieurs centaines d'immigrants ont ainsi gagné clandestinement plusieurs pays de l'Union européenne. Ils versaient aux organisateurs de ce trafic entre 10.000 et 12.000 euros. Ce tarif pouvait augmenter en fonction de leur origine géographique ou ethnique.

"Pour un transfert entre la France et le Royaume Uni, la filière exigeait la remise d'une somme complémentaire de 300 à 800 euros pour les clandestins irakiens ou kurdes et jusqu'à 1.200 euros pour les autres", selon les ministères de l'Intérieur et de l'immigration. "En six mois, certains passeurs percevaient ainsi près de 300.000 euros". AP

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