Rechercher iBelgique
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - mardi 01 juillet 2008 à 11h18

Delanoë veut faire du PS le "grand parti de toute la gauche réformiste"



Bertrand Delanoë prend le contre-pied de Ségolène Royal. Trois jours après sa rivale, le maire de Paris a publié mardi sur son site Internet sa contribution pour le congrès socialiste, dans laquelle il souhaite faire du PS "le grand parti de toute la gauche réformiste".

"Ce qui manque à la gauche française, c'est l'affirmation d'une identité claire: nous proposons celle d'une gauche résolument réformiste et efficace", peut-on lire dans ce texte de 29 pages. Le mot "libéralisme", qui a beaucoup choqué au PS lorsque M. Delanoë l'a revendiqué, ne figure pas dans la contribution.

Bertrand Delanoë se distingue de Ségolène Royal sur la question des alliances. Alors que la finaliste de l'élection présidentielle de 2007 est prête à une collaboration avec le centre, il prône le maintien des alliances traditionnelles avec les Verts, les communistes, les radicaux de gauche et les chevènementistes. Le MoDem de François Bayrou, qui a "les yeux rivés sur 2012", "n'est pas à gauche", constate le texte.

Le maire de Paris propose aux adhérents "la création d'une majorité claire autour d'un réformisme revendiqué". "Le Parti socialiste ne se reconstruira pas dans l'ambiguïté et dans la confusion mais dans des choix et des responsabilités assumées", écrit-il, en renvoyant dos à dos "la logique de l'empêchement" et le "relativisme idéologique".

Comme les "reconstructeurs" Martine Aubry, Laurent Fabius ou Pierre Moscovici, il refuse la "présidentialisation" d'un PS transformé en "club de supporters". "Désigner dès maintenant notre candidat à la présidentielle n'aurait pas de sens", lâche-t-il dans une autre pique à Mme Royal. Il préfère le choix d'un "collectif qui organise le travail d'opposition jusqu'en 2012 et qui prépare les échéances présidentielle et législative".

Dans ce qui ressemble fort à un autoportrait, Bertrand Delanoë propose pour animer ce "collectif" un "chef d'équipe" qui "aime le Parti socialiste, s'implique dans les débats, sache faire travailler les adhérents et les respecte, organiser la réflexion, choisir et arbitrer".

Le maire de Paris avance ses propositions, pas toujours très originales. Il prône "un droit effectif à la formation professionnelle tout au long de la vie" sous la forme d'un "compte individuel", le conditionnement des aides aux entreprises à l'aboutissement des négociations salariales, une recherche à 3% du PIB, la création d'un fonds d'Etat adossé à la Caisse des dépôts pour soutenir les PME innovantes.

Partisan d'un PS "social et écologique", mais opposé à la sortie du nucléaire, il propose "un plan d'investissement pluriannuel massif dans les filières éolienne et solaire".

M. Delanoë entend multiplier par cinq les sanctions financières pour les villes qui ne respectent pas leurs obligation en matière de logement social, réduire à 18 élèves la taille des classes de CP et CE1 en zone d'éducation prioritaire, mettre sous condition de ressources les allocations familiales.

Sur la réforme des retraites, il accepte le passage à 41 annuités à trois conditions: des "objectifs volontaristes" sur l'emploi des seniors, la prise en compte de la pénibilité et des inégalités en termes d'espérance de vie.

Au chapitre fiscal, le maire de Paris, partisan de "réhabiliter l'impôt", prône la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG en un impôt progressif.

La contribution propose aussi de nouveaux droits pour les citoyens: vote des étrangers aux élections locales, égalité salariale hommes-femmes, mariage et adoption par les couples homosexuels, légalisation de l'euthanasie.

Sur l'Europe, sujet de division des socialistes, le texte réclame un budget européen porté à 1,5% du PIB des Etats-membres, la création d'un impôt écologique européen, un "grand emprunt" pour financer des travaux d'infrastructures et de recherche, "un nouvel Erasmus", un salaire minimum européen, une directive-cadre sur les services publics, "un protocole social garantissant qu'aucune directive ne peut servir à abaisser les droits sociaux dans un Etat-membre" et la construction d'une "communauté européenne de l'énergie". AP

egp/tl




Rechercher #iBelgique#