Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - mercredi 02 juillet 2008 à 17h05

Logement social: plus de 300 communes manquent à leurs engagements, selon Christine Boutin



Le logement social progresse, mais pas partout: sur les 730 communes qui comptent moins de 20% de HLM, 330 n'ont pas réalisé l'effort qui leur était demandé par la loi, a déploré mercredi la ministre du Logement Christine Boutin.

Selon elle, l'objectif global fixé pour les trois dernières années a largement été dépassé, avec 93.000 logements "agréés" (mais pas tous encore construits) sur la période 2005-2007, quand le plan de rattrapage prévoyait 63.000 constructions.

"Ce résultat est un résultat positif", a-t-elle salué, se disant "un peu" surprise par ce bon chiffre. Pour elle, une seule explication: "le regard qu'on porte sur le logement social est en train de changer".

Mais dans le détail, la réalité est très contrastée, certaines communes ayant largement dépassé leurs engagements, d'autres restant nettement à la traîne. Ainsi, la ville du Mesnil-le-Roi (Yvelines) a construit soixante fois plus de HLM que son obligation légale. Mais plusieurs villes ont vu la part de logement social régresser en trois ans, la palme revenant en la matière à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), selon les chiffres diffusés pour la première fois par le ministère.

Cependant, la ministre a assuré que les mauvais élèves étaient "fort peu nombreux". Dans beaucoup de cas, a-t-elle expliqué, des "bonnes raisons (...) totalement objectives" expliquent le manque de construction, comme le manque de terrain, leur prix élevé ou encore des allongements de délais dus à des procédures en justice. "Les plus mauvais chiffres ne sont pas les plus mauvais élèves", notait le directeur du cabinet de la ministre Alain Lecomte.

Mme Boutin devrait statuer en décembre sur le sort des communes qui affichent un retard et pourrait revoir à la baisse les objectifs si leurs difficultés s'expliquent. Elle a assuré qu'elle n'aurait "aucun état d'âme" à l'encontre des autres, sans toutefois préciser la nature des sanctions qu'elle envisage de prendre.

La ministre a aussi tenu à contredire l'idée selon laquelle les maires de droite seraient plus réticents que ceux de gauche à construire des HLM. "La différence entre les uns et les autres n'est pas vraiment importante", a-t-elle affirmé.

Quant à la ville de Neuilly (Hauts-de-Seine), souvent stigmatisée pour sa réticence à accueillir des locataires modestes, elle est "plutôt sur la bonne voie", a assuré Mme Boutin. Le fief de Nicolas Sarkozy comptait en 2007 3,2% de logements sociaux et a rempli à peine la moitié de ses objectifs, mais "ça n'est pas si facile" en raison du prix des terrains, a justifié Mme Boutin.

La loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) prévoit un programme de rattrapage pour les communes de plus de 1.500 habitants (en Ile-de-France, 3.000 en province) faisant partie d'une agglomération de 50.000 habitants. Si elles ne comptent pas 20% de logements sociaux, elles doivent progressivement réduire l'écart d'ici à 2020, avec des objectifs triennaux.

Dans l'absolu, les communes qui ne tiennent pas la cadence risquent de se voir imposer des sanctions financières plus lourdes qu'aujourd'hui, et les préfets peuvent décider d'agir à leur place pour construire des logements HLM. Les sanctions se sont élevées l'an dernier à près de 30 millions d'euros. AP

lp/cov/tl