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actu & culture


LE CREUSOT, Saône-et-Loire - jeudi 03 juillet 2008 à 14h29

Sarkozy annonce la construction d'une deuxième centrale EPR en France



Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi au Creusot (Saône-et-Loire) la construction d'une deuxième centrale nucléaire de troisième génération (EPR) en France, après celle de Flamanville (Manche). Grâce au nucléaire, "la France va vivre un nouvelle révolution industrielle", a-t-il affirmé, provoquant aussitôt la colère des écologistes.

"J'ai demandé (au ministre du Developpement durable) Jean-Louis Borloo de lancer un exercice de programmation plurianuelle des investissements en production électrique qu'il présentera au Parlement avant la fin de l'année", a déclaré M. Sarkozy. "Il faudrait qu'on prenne la décision d'implantation (du deuxième EPR) d'ici à début 2009" et "il faudrait que la première pierre soit posée en 2011".

Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, et Aditya Mittal, directeur financier d'ArcelorMittal, ont signé en présence de M. Sarkozy un protocole d'accord pour augmenter la production d'Industeel, filiale d'Arcelor au Creusot. L'investissement, de 70 millions d'euros, va permettre au site de faire passer sa production de lingots de 35.000 à 50.000 tonnes par an.

"Aujourd'hui, 80% des pièces nécessaires à la fabrication d'un EPR peuvent être réalisées au Creusot. Demain, 100% le seront, et notamment la fabrication des pièces de cuves", explique Areva dans un communiqué. Le groupe va parallèlement investir 70 millions d'euros dans sa filiale Creusot Forge pour porter sa capacité de production d'un EPR à 2,5 EPR par an.

"L'ère du pétrole bon marché, c'est fini", a prévenu Nicolas Sarkozy. "Le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable".

C'est pourquoi "nous allons construire une nouvelle centrale EPR, indépendamment de celle de Flamanville" dont le chantier a commencé en décembre pour une mise en service en 2012. Car "chaque EPR qui remplace une centrale à gaz fait économiser 2 milliards de mètres cube de gaz par an" et "chaque EPR qui remplace une centrale à charbon fait économiser 11 millions de tonnes de CO2", a plaidé le président français. Et "au cours actuel des matières premières et du CO2, l'électricité qui sort d'un EPR coûte 30 à 50% moins cher que l'électricité qui sort d'une centrale à gaz ou d'une centrale à charbon".

Par ailleurs, "le nucléaire civil, il faut le rendre accessible pour tous les pays qui le veulent", car c'est "une arme au service du développement", a-t-il souhaité, prédisant "une formidable expansion du nucléaire dans le monde dans les années qui viennent". Ainsi, "si on veut que l'Iran cesse -et l'Iran doit cesser- l'enrichissement à des fins militaires, il faut lui garantir le nucléaire civil".

"On peut devenir, nous les Français, exportateurs d'électricité alors qu'on n'a pas de pétrole et qu'on n'a plus de gaz. C'est une chance historique de développement", a-t-il plaidé, rappelant que 77% de l'électricité produite en France est nucléaire.

"Comme (...) je regrette qu'il y a quelques années on ait arrêté le processus Superphénix", a-t-il lancé en référence au prototype de surgénérateur lancé dans les années 70 et arrêté en 1997, notamment pour des raisons de coûts. "Je ne dis pas que ça fonctionnait", mais "je dis quand même que c'est bien dommage d'arrêter une technologie qui permettait de recycler des déchets pour en faire un nouveau combustible".

Il a également regretté que l'Allemagne ait dû "abandonner le nucléaire sur l'autel d'une coalition avec les Verts. Comme si des Verts au gouvernement pouvaient remplacer l'énergie nucléaire! C'est cher payé quand même!"...

L'annonce de M. Sarkozy a d'ailleurs provoqué la colère des Verts qui ont rappelé "leur opposition la plus ferme et leur détermination à lutter contre la construction du réacteur nucléaire EPR, inutile, dangereux et coûteux" qui devrait coûter trois milliards d'euros selon eux.

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, demande de "stopper cette aberration industrielle qui ne repose sur aucune justification énergétique, environnementale et même économique". Pour elle, "le chantier finlandais se révèle un gouffre financier alors que le chantier de Flamanville accumule les retards techniques. Pourtant, le gouvernement s'entête dans l'impasse nucléaire".

Le réseau "Sortir du nucléaire" a pour sa part appelé à manifester le 12 juillet à Paris contre cette décision. AP

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