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Gonesse, 25 juillet 2000, 16h44: quelques minutes après son décollage, un Concorde affrété par Air France et à destination de New York s'écrase sur un hôtel, faisant 113 morts. Selon le scénario établi par le Bureau d'enquêtes et analyses (BEA), l'accident a été causé par la perte d'une lamelle en titane par un DC-10 de la Continental Airlines sur le tarmac.
Le jour du crash, cinq minutes avant le décollage du Concorde, le DC-10 prend son envol, laissant une lamelle métallique en titane qui s'est détachée du support arrière d'un capot d'inverseur de poussée.
A 16h42 et 31 secondes, le commandant de bord du supersonique donne l'ordre de décoller. Trente-huit secondes plus tard, le train principal gauche du supersonique roule sur la lamelle. Des morceaux de pneumatique sont alors projetés. Le plus important, qui mesure 100x33cm et pèse 4,5kg, percute l'intrados (surface inférieure) de l'aile gauche, au niveau du réservoir de carburant No5, entraînant une onde de choc hydrodynamique à l'intérieur du réservoir.
Ce phénomène physique, inconnu jusqu'alors et qui a été appelé "le coup de bélier hydrodynamique", provoque l'expulsion vers l'extérieur d'un morceau de la paroi du réservoir, de 32x32cm, ce qui entraîne une fuite massive de carburant, de l'ordre de 80 litres par seconde.
C'est alors que se produit l'inflammation. Quarante-et-une secondes après le décollage, le pilote débute la rotation. Au même moment, le moteur No2 subit une forte perte de poussée, tandis que le No1 enregistre un incident similaire, mais plus léger et momentané.
Une seconde plus tard, le contrôleur aérien signale la présence de flammes derrière l'avion. Peu après, nouvelle perte de poussée, importante cette fois-ci, du moteur 1. L'appareil décolle. L'alarme incendie du moteur 2 se déclenche, il est coupé. La vitesse est insuffisante et à 14h43, le train d'atterrissage refuse de rentrer.
La puissance du moteur 1 chute. Seuls fonctionnent encore les moteurs 3 et 4. La hauteur est d'environ 60 mètres. Une minute et 43 secondes après le décollage, l'équipage du Concorde annonce qu'il va tenter de rejoindre l'aérodrome du Bourget. Deux minutes plus tard, l'appareil, qui transportait des touristes allemands, s'écrase sur un hôtel de Gonesse (Val d'Oise): les 100 passagers, les neuf membres d'équipage et quatre personnes au sol sont alors tués.
Pour le BEA, "cet accident n'était pas prévisible, même au travers de l'analyse approfondie de tous les événements en service". Lors d'un point presse mardi, Michel Guérard, en charge des opérations de sécurité des vols chez Airbus, a observé que ce crash présentait "un enchaînement de causes improbables". Il a estimé que le problème de sa prévisibilité et du suivi de navigabilité des incidents ayant précédé celui de Gonesse serait au coeur du futur procès. AP
xdec2/ir/mw
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