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actu & culture


PARIS - lundi 19 janvier 2009 à 19h18

Règlement de comptes entre la patronne du MEDEF et les anciens de l'UIMM



La présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Laurence Parisot, a maintenu lundi, lors d'un procès en diffamation contre un ancien président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Daniel Dewavrin, qu'elle ignorait l'existence des retraits d'espèces de cette branche du mouvement patronal jusqu'aux révélations par la presse en septembre 2007.

Qui savait quoi des pratiques de l'UIMM, notamment celles de retraits d'espèces des comptes de cette organisation patronale aux fins de "mission de régulation sociale dans ce pays", comme l'a expliqué lundi au tribunal Denis Gautier-Sauvagnac, surnommé "DGS", ancien délégué général, puis président de l'UIMM jusqu'en 2007.

Entre 2000 et 2007, près de 17 millions d'euros ont été retirés en liquide des comptes de l'UIMM. MM. Gautier-Sauvagnac et Dewavrin ont été mis en examen dans cette affaire

Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, a toujours expliqué avoir appris l'existence de ces "pratiques" par la presse, ce que conteste la vieille garde de l'UIMM. Daniel Dewavrin, poursuivi par la patronne du MEDEF, a dit en mars 2008 à la presse qu'en juin 2007, elle aurait interrogé "DGS" sur la continuité des versements en liquide par l'UIMM. Faux, rétorque-t-elle, assurant que ces propos ont porté atteinte à sa crédibilité et son honneur de présidente du MEDEF.

Polis mais fermes, les trois anciens hommes forts de l'UIMM -Daniel Dewavrin, "DGS" et Arnaud Leenhardt- ont, tels des gens biens élevés, assuré qu'elle ne disait pas la vérité. A la barre, "DGS" explique doctement: "Il ne nous paraissait pas fondamentalement anormal que la présidente du MEDEF soit informée des principes mais pas des détails". Un peu plus tard, il déclare, pince-sans-rire, qu'il imaginait qu'elle "avait quelques idées sur les pratiques de l'UIMM", des "choses dont on ne parle pas avec beaucoup de facilité et qu'on met sur la table".

Au début de l'affaire UIMM, les relations entre le patronne du MEDEF et les caciques de l'UIMM sont au beau fixe mais virent au drame lorsque début mars 2008 Laurence Parisot leur demande de restituer leurs mandats auprès de différentes institutions comme l'Unedic après la divulgation des indemnités de départ de "DGS": 1,5 million d'euros. Après accord avec le principal intéressé, elles diminueront de moitié.

A entendre lundi les barons de l'UIMM et Laurence Parisot, tout ceci n'est qu'un règlement de comptes, les uns accusant la seconde, et vice-versa, de déstabilisation. Les premiers, la main sur le coeur, assurent qu'ils souhaitaient mettre fin à ce système de versements. "Mon erreur est de ne pas être allé assez vite dans la liquidation de ce système", souligne "DGS", se refusant de dévoiler le nom des bénéficiaires "dans l'intérêt général du pays".

Femme blessée, Laurence Parisot, martèle qu'elle n'a jamais eu de conversations avec DGS autour des "pratiques" de l'UIMM et assure qu'elle a demandé la restitution des mandats de l'UIMM car certains de ses membres avaient "reconnu avoir enfreint la loi". Preuve de sa bonne volonté à l'égard de cette puissante fédération patronale, les mandats ont été confiés "à de nouvelles personnes de l'UIMM, d'une autre génération".

La décision a été mise en délibéré au 2 mars. Laurence Parisot demande 1 euro de dommages et intérêts. AP

pas/mw