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actu & culture


PARIS - jeudi 31 aout 2006 à 21h06

Mesures 'emploi': critiques dans les rangs syndicaux



Quelques réactions de syndicats après les mesures annoncées jeudi à Troyes dans le cadre de la troisième étape du plan gouvernemental pour l'emploi:

CGT

"Dans les entreprises de moins de 20 salariés, les nouvelles exonérations de cotisations sociales, annoncées ce jour pour les salaires égaux ou inférieurs au SMIC, n'auront pour conséquence que de grossir le nombre de smicards. Ce choix est d'autant plus contestable que la Cour des Comptes critique les milliards deuros déjà consentis aux entreprises au nom de l'emploi. En ce qui concerne le 'chèque transport', la CGT alerte les salariés sur le caractère facultatif de cette mesure laissée au bon vouloir de chaque employeur. C'est une disposition inacceptable.

(...) Un haut niveau de mobilisation, dès maintenant, dans tous les secteurs professionnels, permettra aux salariés de créer les meilleures conditions pour des avancées sociales immédiates et pour être entendus lors de la Conférence sur les revenus et l'emploi que le gouvernement veut organiser".

CFDT

"Par ses déclarations, le Premier ministre reconnaît enfin que l'emploi et le pouvoir d'achat doivent être au centre des priorités, ce que revendique depuis longtemps la CFDT. (...) Le ciblage de mesures 'emploi' en faveur des populations les plus fragiles, qui prolongent des mesures existantes, va dans le bon sens. Par contre, l'exonération complète des charges sociales au niveau du SMIC dans les entreprises de moins de 20 salariés sans contrepartie, contestable dans un objectif général, est inacceptable au moment où la Cour des comptes critique son efficacité. Qui plus est en s'appliquant aux petites entreprises, cette exonération va accroître les inégalités déjà nombreuses entre ces entreprises et les autres. Cette mesure va amplifier la déqualification et les trappes à bas salaires. La confirmation de la tenue d'une conférence sur les revenus doit permettre de faire un état des lieux précis de la situation et de proposer des solutions mieux adaptées".

CFTC

"La CFTC regrette que la troisième phase du plan emploi du gouvernement se réduise, presque exclusivement, à la suppression des cotisations sociales patronales au niveau du Smic pour les très petites entreprises. Alors qu'un rapport de la Cour des comptes rendu public la semaine dernière en démontre l'inefficacité, dénonce l'absence dévaluation et met en évidence son caractère coûteux".

"Les allègements de cotisations sociales patronales sur les bas salaires encouragent les entreprises à sous-payer leurs salariés, favorisent les emplois peu qualifiés et accroissent le déficit de la Sécurité sociale".

Quant aux actions préparatoires au recrutement, au renforcement de l'accompagnement dans les zones urbaines sensibles, les aides consenties aux chômeurs en fin de droit, présentés par Jean-Louis Borloo, la CFTC attend des éclaircissements de la part du ministre du Travail".

UNSA

L'"UNSA n'approuve pas les propositions du Premier Ministre qui consistent à baisser les charges au niveau du SMIC pour les salariés dans les entreprises de moins de 20 salariés. L'UNSA a toujours considéré que le pouvoir d'achat participait d'une politique de relance et contribuait à la lutte contre le chômage. Une telle mesure risque de bloquer toute évolution de salaire pour ces salariés et de constituer ainsi une véritable trappe à pauvreté. (...) Une véritable politique en faveur des salariés de plus de 50 ans nous paraîtrait mieux adaptée qu'un saupoudrage consistant en une prime de cohésion sociale, dont le montant n'est pas précisé, pour des salariés embauchés sur un CDD".

Au sujet de l'augmentation de la prime emploi dont bénéficieront un certain nombre de salariés, "l'UNSA rappelle qu'elle préfère de véritables augmentations de salaires négociées dans les entreprises".

AP

cr/com