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actu & culture


MAMOUDZOU, Mayotte - jeudi 21 septembre 2006 à 18h00

Mayotte confrontée à la hausse de naufrage d'immigrés clandestins



Au moins un mort et dix disparus étaient à déplorer après le chavirage tôt jeudi d'un kwassa-kwassa (petite barque) au large de Mayotte, a-t-on appris auprès de la préfecture à Mamoudzou. Mayotte, seule île française habitée du canal du Mozambique, connaît une immigration illégale de plus en plus importante depuis quelques années. Un tiers des 180.000 habitants de l'île au lagon seraient des clandestins.

La majorité d'entre eux viennent des trois autres îles de l'archipel des Comores (Grande-Comore, Mohéli et Anjouan) mais "il y a aussi quelques Africains", affirme-t-on à la préfecture.

Les Comoriens sont considérés comme illégaux à Mayotte depuis une loi passée par Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur en 1995. Avant cette loi, les habitants des trois îles de l'Union des Comores pouvaient se déplacer dans tout l'archipel.

Les différents moyens nautiques (PAF, gendarmerie maritime, Marine nationale, douanes et gendarmerie) ont intercepté 63 embarcations de type kwassa depuis le début de l'année avec à leur bord 1.307 personnes. Les contrôles sont de plus en plus fréquents, tout comme le nombre d'embarcations illégales.

Trois naufrages ont été dénombrés dans les eaux françaises depuis le début de l'année, "mais on ne connaît pas tous les accidents entre Anjouan et Mayotte", explique la préfecture.

Vingt personnes étaient à bord de l'embarcation naufragée tôt jeudi, dont cinq femmes et deux enfants, a témoigné l'un des neuf rescapés. Le kwassa-kwassa venait d'Anjouan, l'île comorienne la plus proche de Mayotte (80 kilomètres). L'alerte a été donnée par un pêcheur à Bouéni, village du sud-ouest de Grande-Terre.

Les recherches se poursuivent dans le lagon. Alors que trois vedettes ont appareillé et deux ULM étaient chargés d'assurer des survols, un avion militaire venu de La Réunion a également été appelé sur la zone, selon la préfecture.

Dans la même nuit de mercredi à jeudi, deux autres kwassa-kwassa transportant respectivement 43 et 49 passagers ont été arraisonnés. Le dernier naufrage remonte au 11 septembre dernier. Il s'agissait d'une boutre de quarante mètres, l'Al-Moubarak, qui transportait 76 personnes, essentiellement des Comoriens et des Malgaches. Vingt-huit ont disparu dans les flots. AP

nvw/mw