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actu & culture


MARSEILLE - lundi 02 novembre 2009 à 15h21

Nicolas Sarkozy dévoile le plan cancer II qui coûtera 730 millions d'euros


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Nicolas Sarkozy a dévoilé lundi à Marseille (Bouches-du-Rhône) le plan cancer II destiné à améliorer la recherche et le retour à la vie normale des malades ainsi qu'à gommer les inégalités sociales et géographiques des Français face à cette maladie "qui n'est plus une fatalité".

Après avoir visité avec son épouse Carla Bruni l'Institut Paoli-Calmettes, spécialisé dans la lutte contre le cancer, le chef de l'Etat a promis qu'il mettrait les moyens pour ce second plan cancer, à savoir "près de 750 millions d'euros de dépenses nouvelles entre 2009 et 2013". Le chiffre exact fourni par l'Elysée est de 730 millions.

"C'est, dans le contexte actuel, un effort important que fait notre pays", a-t-il insisté.

Rendant un rare hommage à son prédécesseur, Jacques Chirac, à l'origine du premier plan cancer "qui a été utile", Nicolas Sarkozy a promis de faire du second plan "une réussite". Avec 350.000 nouveaux cas par an, "les cancers sont devenus en 2004 la première cause de mortalité", a rappelé le chef de l'Etat, estimant que "l'action publique sert à lutter contre ce genre de fléau".

Inspiré des propositions du Pr Jean-Pierre Grünfeld, qui lui a remis un rapport en février dernier, le plan cancer II entend non seulement améliorer la recherche par la labellisation de cinq sites pluridisciplinaires par l'Institut national du cancer, mais également lutter contre le criant manque de spécialistes en France.

"Sur la durée du plan, il faut viser une augmentation de 20% du nombre" d'oncologues, de radiothérapeutes et hématologues, a insisté M. Sarkozy appelant à un "rattrapage ciblé dans les régions confrontées à une pénurie". Il veut également augmenter le nombre de radiophysiciens et développer des métiers comme celui d'infirmière coordonnatrice de soins.

Nicolas Sarkozy s'est particulièrement ému des inégalités sociales et géographiques face à la maladie. "Le risque de mourir d'un cancer entre 30 et 65 ans est deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres et les professions libérales", a regretté le chef de l'Etat.

"Il y a bel et bien en France une surmortalité géographique liée au cancer", a ajouté le président de la République indiquant que dans la partie nord-ouest du pays "la mortalité par cancer est le double de celle constatée ailleurs".

Il a souhaité que la recherche s'intéresse d'avantage à ces écarts pour mieux les expliquer par la qualité de l'eau ou de l'air, mais aussi par l'attitude des différents publics face aux campagnes d'information ou de dépistage.

Il a ainsi rappelé, que l'obésité, qui touche majoritairement les milieux défavorisés, accroît le risque de cancer. Il veut donc créer une "journée nationale de l'activité physique" et attend de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qu'elle lui soumette des propositions.

Le chef de l'Etat a également fustigé l'influence néfaste de l'alcool et du tabac. Il a annoncé qu'outre l'augmentation du prix des cigarettes, le gouvernement allait porter le remboursement des substituts nicotiniques "de 50 à 150 euros pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle et pour les femmes enceintes" et augmenter les moyens des "centres venant en aide aux personnes en difficulté avec l'alcool".

Enfin, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'un "programme personnalisé de l'après-cancer" pour les patients dans la continuité de leurs soins pour leur faciliter un retour à la vie normale. Ce suivi, qui devra bénéficier à 50% des patients au moins, "devra impliquer l'infirmière coordinatrice des soins et le médecin traitant", a précisé le président de la République.

Dans ce cadre, il a épinglé les banques qui proposent des prêts trop chers aux anciens malades du cancer. Il "demande aux signataires de la convention 'S'assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé' de renouveler celle-ci pour améliorer la couverture assurantielle et l'accès à l'emprunt des personnes qui sont sorties de la maladie". AP

der/sb