Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


TOURS - mercredi 11 octobre 2006 à 21h18

Bébés congelés de Séoul: Mme Courjault "reconnaît les faits" et exonère son époux



Véronique Courjault a reconnu avoir été enceinte dans l'affaire des deux bébés congelés de Séoul et a exonéré son mari de toute responsabilité, a annoncé mercredi son avocat, Me Marc Morin. Il a précisé qu'elle "a reconnu les faits qui lui étaient reprochés". On précisait de sources proches de l'enquête qu'il "n'y a pas de causes objectives à cet acte" qualifié de "geste incompréhensible qui relève de la psychiatrie".

"Ma cliente a reconnu avoir été enceinte", mais "elle n'a pas dit si elle avait tué les enfants", a précisé à l'Associated Press l'avocat du couple Courjault en ajoutant que l'épouse "exclut toute responsabilité de son mari" dans cette affaire, disant "avoir agi seule" et assumer les faits. Me Morin a ajouté qu'il fallait "attendre que les choses se précisent un peu". "Jean-Louis Courjault est abasourdi. Il faut rappeler que c'est lui qui a prévenu la police (sud-coréenne) et qu'il n'a jamais eu connaissance des faits".

Véronique Courjault est passée aux aveux lors d'un entretien avec une femme policier, analyste criminelle de l'Office central de répression des violences aux personnes (OCRVP) co-saisi dans ce dossier avec la PJ de Tours, a-t-on précisé de source policière. Selon ses déclarations, elle a affirmé qu'elle s'était rendu compte trop tard de son état de grossesse qu'elle a ensuite caché à son mari. La question de savoir si Mme Courjault a caché deux grossesses ou accouché de jumeaux n'était pas éclaircie mercredi, ni si elle a tué les enfants ou s'ils étaient mort-nés.

Le couple n'aurait pas souhaité pas avoir d'autre enfant alors que leur situation financière le permettait pourtant. "Il n'y a pas de causes objectives à cet acte", indique-t-on de source proche de l'enquête. "C'est un geste incompréhensible qui relève de la psychiatrie". Prisonnière de son secret, Mme Courjault n'a pas été suivie pendant l'ensemble de la ou les grossesses qu'elle a réussi à dissimuler jusqu'à la fin. Après ses aveux, Véronique Courjault s'est montrée soulagée et rassurée par le fait de laisser ses deux enfants à son mari, a-t-on ajouté.

Le couple est en garde à vue depuis mardi après-midi depuis la révélation selon laquelle les résultats des analyses ADN montrent que les deux bébés retrouvés fin juillet dans le congélateur de ce couple d'expatriés français en Corée du Sud sont bien les leurs. Jusqu'ici, le couple niait farouchement toute paternité. Leur garde à vue a été prolongée de 24 heures.

Jean-Louis et Véronique Courjault s'étaient soumis aux tests ADN le 26 septembre à l'antenne tourangelle du SRPJ d'Orléans. Ils ont toujours nié être les parents des deux bébés congelés, malgré des tests ADN contraires effectués par les autorités coréennes au cours de l'été.

A la demande des autorités judiciaires françaises, de nouveaux prélèvements ADN avaient été effectués en Corée du Sud sur les deux bébés, en présence de diplomates français. Ce sont ces résultats, transmis il y a une dizaine de jours à la France, qui ont été comparés avec l'ADN des Courjault.

"L'expertise française a été faite à partir de prélèvements que nous ont adressé les Coréens, des prélèvements qui sont faits sur le corps des nouveaux-nés, et nous avons fait, nous, des prélèvements salivaires sur les époux Courjault", expliquait mardi le procureur de la République de Tours Philippe Varin.

Les corps des deux nouveaux-nés avaient été découverts par M. Courjault fin juillet. L'ingénieur français âgé de 40 ans avait fait cette découverte seul, puisque le reste de la famille (sa femme de 39 ans et leurs deux enfants) étaient en vacances en France. C'est lui-même qui avait averti la police en Corée du Sud, puis il s'est soumis un test ADN, avant de repartir en France, retrouver sa famille dans la région de Tours. Lorsque les tests ADN ont permis d'établir qu'il était le père des deux bébés, il a évoqué une manipulation industrielle.

Jean-Louis Courjault travaillait d'abord à Blois, puis en Corée du Sud pour l'équipementier automobile américain Delphi. Il est arrivé en Corée du Sud à l'automne 2002 pour y développer les moteurs diesel de Hyundai et "faire du transfert de technologie sur un marché très concurrentiel".

En Corée du Sud, où l'affaire a fait les gros titres de la presse, c'est surtout Véronique Courjault qui est soupçonnée par les autorités d'avoir accouché clandestinement à deux reprises. Elle a reconnu lors d'une conférence de presse avoir subi une ablation de l'utérus en 2003. La naissance des deux bébés serait donc antérieure à cette opération. Suite aux remous provoqués en Corée du Sud, le couple a choisi de ne pas y retourner après les vacances, la France n'extradant pas ses ressortissants. AP

pan0/veg1/mw