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actu & culture


BEYROUTH - samedi 12 mai 2007 à 19h35

Le président libanais refusera de céder le pouvoir à Siniora en cas de crise autour de sa succession



Nouvel épisode dans le bras de fer entre majorité anti-syrienne et opposition pro-syrienne au Liban. Le président Emile Lahoud, allié de Damas, a affirmé samedi qu'il ne cèderait pas la place au Premier ministre Fouad Siniora en cas d'échec du parlement à lui choisir un successeur, situation qui pourrait plonger le Pays du Cèdre dans un vide constitutionnel.

Le Parlement doit désigner un nouveau président avant l'expiration du mandat de Lahoud le 23 novembre. Mais il ne s'est pas réuni depuis au moins trois mois, le président du parlement, le chiite Nabih Berri, membre de l'opposition pro-syrienne, refusant de le convoquer en séance. L'opposition menace d'y bloquer toute élection par la majorité d'un président de son choix, et de boycotter tout scrutin.

S'il n'y a pas de président, la Constitution prévoir que le Premier ministre et le gouvernement assument ses fonctions. Le Premier ministre Fouad Siniora a déclaré la semaine dernière que "s'il n'y a pas d'élection pour une raison quelconque (...) le gouvernement prendra ses responsabilités et sa principale préoccupation sera d'assurer l'élection d'un président".

Mais Emile Lahoud, qui "considère le gouvernement Siniora illégitime et inconstitutionnel", refuserait de céder la place à ce Premier ministre du camp opposé au sien, exigeant que ce soit alors un gouvernement "d'union nationale" qui choisisse son successeur, a affirmé son porte-parole Rafic Shalala.

"Sa position est claire, il ne cèdera pas les commandes du pays à un gouvernement vivement contesté par une large fraction des Libanais", a ajouté Shalala sur la chaîne privée LBC.

Certains dans l'opposition dirigée par le Hezbollah chiite appellent directement Lahoud a désigner un autre gouvernement, ce qui s'apparenterait à un coup d'Etat, selon la majorité anti-syrienne.

Le spectre de se retrouver avec deux gouvernements rivaux pèse donc à nouveau sur le Liban, risquant d'approfondir la crise dans laquelle le pays est déjà plongé.

Depuis novembre dernier et la démission de six ministres, cinq chiites et un chrétien, Lahoud, l'opposition pro-syrienne et le président du Parlement refusent de reconnaître le gouvernement Siniora. La crise politique a dégénéré en batailles de rues qui ont fait 11 morts et laissé craindre une nouvelle explosion des affrontements armés entre communautés libanaises.

Dans le système politique confessionnel libanais, la présidence est occupée par un chrétien maronite. La mise en garde d'Emile Lahoud intervient au lendemain d'une rencontre avec le cardinal Nasrallah Sfeir, chef de l'influente église maronite libanaise. Le cardinal a dit espérer que l'élection présidentielle se déroule "dans les temps". AP

nc/v