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Troisième économie mondiale et bientôt premier pollueur, la Chine ne sera présente au G8 -qui s'ouvre mercredi à Heiligendamm, en Allemagne- qu'en tant qu'invitée. Pékin se trouve pourtant au centre de certains des sujets les plus pressants: du réchauffement climatique à la sous-évaluation de sa monnaie en passant par la situation au Darfour.
Le président chinois Hu Jintao parait peu enclin à faire des concessions sur ces sujets. Les Chinois "se montreront certainement prudents vis-à-vis de toute concession qui pourrait, de leur point de vue, menacer la croissance chinoise et donc engendrer des problèmes sociaux ou menacer la stabilité intérieure", prédit Eberhard Sandschneider, spécialiste de la Chine au Conseil allemand des relations étrangères.
Pékin, qui pourrait devenir dès 2009 le premier émetteur de gaz à effet de serre, dépassant les Etats-Unis, n'a en particulier aucun intérêt à faire un compromis dans ce domaine, alors même qu'Américains et Européens sont profondément divisés. "Tant qu'il n'y aura pas d'accord, nos amis chinois vont certainement s'abstenir de prendre position et de s'impliquer", estime M. Sandschneider.
La Chine a bien promis lundi de mieux maîtriser ses émissions et annoncé un premier programme de lutte contre le réchauffement climatique, mais elle rejette, comme les Etats-Unis, tout objectif contraignant et refuse de ratifier le protocole de Kyoto.
"La Chine est un pays en voie de développement. Même si nous ne nous sommes pas engagés sur des objectifs chiffrés de réduction des émissions, cela ne veut pas dire que nous ne voulons pas assumer notre part de responsabilité", assure Ma Kai, responsable de la Commission du développement national et de la réforme, l'agence de développement économique du gouvernement.
Le président chinois est régulièrement invité aux sommets du G8 depuis 2004, même si Pékin n'est pas officiellement membre du club.
"La Chine ne jouera pas les M. Non" à Heiligendamm, assurait récemment un responsable du ministère chinois des Affaires étrangères ayant requis l'anonymat. "Nous serons plutôt M. Coopération ou M. Partenariat". Reste que Pékin campe toujours sur ses positions.
La Chine a ainsi rejeté les demandes pressantes des Etats-Unis, qui réclament une accélération de la réévaluation du yuan. La faiblesse de la monnaie chinoise permet à l'Empire du Milieu d'inonder les marchés européen et américain de produits bon marché, tout en renchérissant les produits de leurs concurrents. Le président français Nicolas Sarkozy devrait notamment évoquer ce sujet lors de son entretien avec Hu Jintao en marge du G8, vendredi.
Le président chinois risque également d'être pointé du doigt à Heiligendamm en raison de son soutien au gouvernement soudanais. La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, a déjà utilisé son veto pour protéger Khartoum de sanctions destinées à mettre fin au conflit au Darfour.
Au moment où Washington annonce de nouvelles sanctions contre le régime d'Omar el-Béchir, Pékin, premier importateur de pétrole soudanais, s'emploie surtout à relativiser la situation au Darfour et à justifier sa position, présentée comme plus efficace que les pressions occidentales sur Khartoum.
Face à la médiatisation des critiques des organisations de défense des droits de l'Homme et aux appels au boycott des Jeux olympiques de Pékin en 2008, le gouvernement chinois a aussi nommé ce mois-ci un envoyé spécial au Soudan.
En quatre ans, plus de 200.000 personnes ont été tuées dans cette région de l'ouest du Soudan. Au moins 2,5 millions de civils ont fui les combats. AP
co/v/sop
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