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actu & culture


BAMAKO - mardi 26 juin 2007 à 19h30

Mali: un enseignant et des journalistes condamnés dans l'affaire de la "maîtresse du président de la République"



La justice malienne a condamné mardi un enseignant et cinq journalistes à des peines de prison ferme et avec sursis pour "offense au chef de l'Etat" ou "complicité" dans l'affaire de la dissertation sur la "maîtresse" d'un président de la République imaginaire.

L'enseignant Bassirou Kassim Minta, auteur du sujet de dissertation, a écopé de la plus grosse peine. Il a été condamné à deux mois d'emprisonnement ferme assortis d'une amende de 100.000 FCFA (150 euros) et d'une interdiction d'exercer sa profession pendant deux mois.

Seydina Oumar Diarra, journaliste du quotidien privé "Info-Matin", incarcéré depuis le 14 juin en compagnie de l'enseignant, a lui été condamné à 13 jours de prison ferme, soit la peine qu'il a déjà effectué en détention préventive.

Le directeur de publication d'"Info-Matin", Sambi Touré, a pour sa part été condamné à huit mois de prison avec sursis et une amende de 200.000 FCFA (300 euros).

Les directeurs de publication des journaux qui avaient repris l'article par solidarité avec leur confrère, Ibrahima Fall du "Républicain", Alexis Kalambry des "Echos" et Hamèye Cissé du "Scorpion", ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis.

Le jugement a été rendu à huis clos sans la présence des avocats des prévenus.

Dans l'édition du 1er juin d'"Info-Matin", Seydina Oumar Diarra relatait cette affaire dans un article intitulé "Lycée Nanaïssa Santara: la maîtresse du président de la République", en référence au sujet de dissertation proposé à des élèves de l'établissement. Ces derniers devaient plancher sur un texte faisant état des frasques d'un président de la République, le contracter au quart de son volume puis le commenter.

A la suite de la publication de ce papier, le procureur de la République Sombé Théra s'était autosaisi et avait fait emprisonner le 14 juin l'enseignant et le journaliste auteur de l'article pour "offense au chef de l'Etat". Les directeurs de publication d'"Info-Matin", des "Echos", du "Républicain" et du "Scorpion" avaient ensuite été interpellés pour complicité.

A Paris, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé dans un communiqué une décision de justice qui punit "un crime de lèse-majesté digne d'un autre âge".

Pour RSF, "cette affaire ne rend pas service aux défenseurs de la liberté de la presse, en donnant un exemple navrant aux gouvernements autoritaires, qui peuvent arguer du fait que même les démocraties condamnent à des peines de prison les journalistes accusés de s'en être pris au chef de l'Etat". AP

str/tl/com




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