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actu & culture


BRISBANE, Australie - samedi 14 juillet 2007 à 11h00

Attentats manqués au Royaume-Uni: la police australienne inculpe un médecin indien



La police fédérale australienne a inculpé mercredi le médecin indien, arrêté en Australie dans le cadre de l'enquête sur les attentats manqués au Royaume-Uni, de soutien à une organisation terroriste. Il aurait ainsi imprudemment donné la carte SIM de son téléphone portable à un groupe terroriste, a déclaré samedi le chef de la police australienne.

Muhammad Haneef, âgé de 27 ans, est le second suspect à être inculpé pour sa participation présumée aux attentats manqués de Londres et de Glasgow les 29 et 30 juin derniers. L'autre personne inculpée est Bilal Abdullah, accusé de conspiration en vue du déclenchement des explosions en grande-Bretagne.

"Il a été inculpé de soutien à une organisation terroriste", a annoncé la police fédérale dans un communiqué rendu public samedi. "L'inculpation invoque une imprudence plutôt qu'une intention", a déclaré aux journalistes le préfet de la police fédérale australienne Mick Keelty.

"Il est accusé d'avoir imprudemment fourni certains supports à ce groupe, en particulier d'avoir fourni sa carte SIM pour que ce groupe l'utilise." Selon les informations publiées vendredi par le journal "The Australian", il aurait donné sa carte SIM à son cousin pour que ce dernier puisse bénéficier des minutes gratuites qu'il restait sur son abonnement téléphonique.

Muhammad Haneef encourt une peine maximale de 15 ans de prison.

Le suspect, arrêté par la police australienne il y a déjà plus d'une semaine et resté sous la surveillance des autorités depuis, devrait comparaître samedi devant le tribunal de Brisbane, dans le sud-est du Queensland.

La police s'est opposée à la mise en liberté provisoire sous caution du suspect lors de sa comparution devant la juge Jacqui Payne. Celle-ci a décidé de reporter sa décision à lundi, prolongeant d'autant la détention provisoire de Haneef.

Le chef de la police a indiqué que Haneef serait jugé en Australie, à moins que la police britannique "ne dispose d'une preuve au Royaume-Uni qui puisse motiver une procédure d'extradition".

Selon la loi australienne, un suspect ne peut être extradé vers un autre pays que si ce pays a suffisamment de preuves pour inculper la personne.

Le Premier ministre australien John Howard a appelé à la prudence dans le cas d'Haneef, rappelant que le suspect avait droit au respect de la présomption d'innocence. "Mais sans aller plus loin dans le commentaire de ce cas particulier, tout ceci nous rappelle que le terrorisme est une menace globale", a-t-il dit aux journalistes réunis dans l'Etat de Tasmanie.

La police a déclaré être en train d'enquêter sur les liens entre Haneef et quelques-uns des autres suspects arrêtés dans le cadre de l'enquête sur la découverte de deux voitures piégées à Londres le 29 juin et d'un attentat à l'aéroport écossais de Glasgow le lendemain.

Haneef, arrivé en Australie en provenance de Grande-Bretagne l'année dernière pour travailler dans un hôpital au nord-est de Sydney, est un cousin éloigné de Kafeel et Sabeel Ahmed, deux des suspects arrêtés en Grande-Bretagne.

Tous trois auraient partagé une maison à Liverpool pendant plus de deux ans, avant que Haneef ne déménage en Australie tout en maintenant un contact téléphonique et électronique avec ses anciens colocataires.

La police a par ailleurs affirmé ne pas exclure un lien éventuel entre Haneef et Abdullah, l'autre suspect ayant déjà fait l'objet d'une inculpation en Grande-Bretagne.

Haneef a été arrêté à Brisbane, dans l'est de l'Australie le 2 juillet tandis qu'il tentait de quitter le pays avec un billet d'avion en aller simple pour l'Inde. Il a expliqué qu'il se dépêchait de rentrer chez lui pour voir son épouse et sa fille, née peu avant, le 26 juin. Mais la police a indiqué ne pas croire aux explications du suspect. AP

ca/v69