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La circoncision pourrait empêcher plusieurs millions de contaminations par le virus du Sida chaque année dans le monde, mais cette méthode de prévention reste relativement ignorée en raison de son manque de rentabilité financière, a expliqué mardi un scientifique américain lors de la Conférence internationale sur le Sida à Sydney.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la circoncision réduit d'environ 60% les risques de transmission de la maladie de femme à homme. Mais seuls 30% des hommes sont circoncis dans le monde, la plupart dans des pays où cette pratique a cours pour des raisons religieuses ou de santé.
Robert Bailey, professeur d'épidémiologie à l'université de l'Illinois, a expliqué mardi à Sydney que les hommes circoncis ont 2,5 fois moins de risques d'être contaminés par des femmes séropositives lors de relations sexuelles, selon des tests réalisés au hasard dans les pays d'Afrique les plus touchés par la maladie.
Mais les organisations internationales sont lentes à promouvoir cette procédure, malgré la preuve évidente de son efficacité dans la prévention contre la maladie, a déploré le professeur bailey.
"On ne peut s'empêcher de penser que s'il s'agissait d'un médicament, d'un composé (pharmaceutique, NDLR), ou d'une injection portant un label, les organisations et donateurs internationaux se seraient battus depuis plusieurs mois, voire même plusieurs années, pour être les premiers à le commercialiser", a-t-il déclaré lors de la quatrième Conférence internationale de la "AIDS Society".
"Mais personne ne peut tirer profit de la circoncision, personne à part les 4.000 personnes qui seront contaminées demain", a souligné le professeur américain, qui a dirigé des études sur le sujet en Ouganda, au Kenya, au Malawi, en Zambie et aux Etats-Unis.
Selon ces études, la circoncision masculine en Afrique sub-saharienne pourrait empêcher 5,7 millions de contaminations et trois millions de décès en vingt ans.
Par exemple, si seulement 50% des hommes se faisaient circoncire dans certaines régions d'Afrique du Sud, pays qui possède l'un des plus forts taux mondial de contamination par le virus du Sida, l'incidence de la maladie pourrait être réduite de 9% en dix ans parmi les hommes hétérosexuels, selon Robert Bailey.
"En d'autres termes, la circoncision pourrait conduire vers le déclin de l'épidémie en vue de son extinction", a-t-il résumé.
Plus de 5.000 experts de 133 pays sont réunis jusqu'à mercredi à Sydney pour la quatrième Conférence internationale de la "AIDS Society". AP
jp/v41
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