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actu & culture


ISLAMABAD - lundi 10 septembre 2007 à 04h20

Pakistan: la police bloque l'accès à l'aéroport d'Islamabad avant l'arrivée de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif


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La police pakistanaise a selon des témoins érigé des barrages lundi sur les routes menant à l'aéroport d'Islamabad, où doit atterrir dans la journée l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif. Après sept ans d'exil, il souhaite se présenter aux élections législatives dans son pays et tenter de renverser le gouvernement du président Pervez Musharraf, qui l'avait lui-même chassé du pouvoir.

Selon un responsable du gouvernement qui a souhaité garder l'anonymat, quatre dirigeants politiques proches de M. Sharif ont également été confinés à domicile.

Avant d'embarquer dans son avion à Londres, M. Sharif a déclaré qu'il redoutait que les autorités l'arrêtent ou l'expulsent à son arrivée au Pakistan, des mesures qui, le cas échéant, risquent d'attiser encore les tensions politiques dans le pays avant les élections législatives et présidentielle, et pourraient entraîner des violences.

Le gouvernement pakistanais a exhorté ce week-end M. Sharif à ne pas revenir, même si la Cour suprême l'y a autorisé, et selon des témoins, la police a usé de camions et de tracteurs pour bloquer les principaux axes menant à l'aéroport d'Islamabad pour empêcher ses partisans de venir assister à son retour. Les passagers munis de billets d'avion ont été transportés vers l'aéroport dans des minibus mobilisés spécialement pour l'occasion, précisait-on de même source.

Dans le même temps, un responsable pakistanais a déclaré que quatre dirigeants politiques favorables à M. Sharif ont été confinés à domicile en vertu de la loi dite "du maintien de l'ordre public", qui permet aux autorités de détenir des suspects jusqu'à trois mois sans inculpation, selon ce responsable qui se prononçait sous le couvert de l'anonymat.

A la dernière minute avant d'embarquer dans le vol de la compagnie Pakistan International Airways, l'ancien Premier ministre, qui avait été renversé par le général Musharraf en 1999, a demandé à son frère Shahbaz Sharif de rester en Grande-Bretagne pour prendre la tête de leur parti politique s'il lui arrivait quelque chose.

"Nous y allons. Rien ne peut nous arrêter", a déclaré M. Sharif à la presse à l'aéroport de Heathrow.

L'ancien Premier ministre avait été renversé par Pervez Musharraf dans un coup d'Etat sans violence. Condamné à la prison à perpétuité pour terrorisme et détournement, il avait été libéré en 2000 à la faveur d'un accord négocié par l'Arabie saoudite, à condition qu'il ne retourne pas au Pakistan pendant au moins 10 ans.

Le face-à-face annoncé entre les partisans de M. Sharif et le régime en place pourrait encore affaiblir M. Musharraf, à l'heure où le Pakistan vit une crise politique et où les autorités combattent des islamistes renforcés le long de la frontière avec l'Afghanistan, une région où le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden pourrait se cacher.

"Nous sommes heureux de rentrer dans notre pays après sept longues années d'exil", a déclaré M. Sharif, ajoutant qu'il s'attendait à voir M. Musharraf déclarer l'état d'urgence pour freiner ses partisans. Mais selon M. Sharif, cette éventualité ne fait que renforcer sa volonté de restaurer la démocratie et l'autorité du pouvoir judiciaire.

"Nous n'avons peur de rien: les prisons, nous sommes déjà passés par tout cela", a-t-il lancé.

Des centaines de partisans s'étaient déplacés pour l'encourager avant son départ. AP

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