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actu & culture


ISLAMABAD, Pakistan - lundi 10 septembre 2007 à 08h15

Pakistan: arrivée de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif après huit ans d'exil


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Huit ans après avoir été déposé par l'actuel président Pervez Musharraf à la faveur d'un coup d'Etat, l'ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif est arrivé à Islamabad lundi dans le but de se présenter aux législatives pour tenter de renverser l'actuel gouvernement.

Alors que ses partisans affrontaient la police près de l'aéroport, l'avion de Nawaz Sharif a été investi par les commandos des forces de sécurité pakistanaises dès son atterrissage entourant Sharif. Un journaliste de l'Associated Press à bord a constaté que ce dernier refusait de remettre son passeport aux responsables de l'immigration qui se trouvaient également à bord.

Après 90 minutes de négociations, Sharif est sorti de l'avion avec plusieurs de ses partisans et des membres de la sécurité pakistanaise et est entré dans le terminal, a précisé un responsable aéroportuaire qui a requis l'anonymat.

On ignore encore si les autorités vont l'autoriser à rentrer dans le pays ou s'ils vont l'expulser alors que Sharif a dit clairement qu'il entendait défaire Pervez Musharraf dans le scrutin législatif à venir.

Avant son départ de Londres dimanche soir, Sharif avait averti que le gouvernement pakistanais pour tenter de l'arrêter ou de l'expulser dès son arrivée à Islamabad. A la dernière minute, Sharif a demandé à son frère, Shahbaz Sharif, de rester en Grande-Bretagne pour diriger son parti dans l'hypothèse où quelque chose lui arriverait au Pakistan.

Javed Iqbal Cheema, un porte-parole du ministère pakistanais de l'Intérieur, avait alors déclaré sans plus de précision que Sharif "sera traité dans le cadre de la loi" à son arrivée à Islamabad.

A bord de l'avion des Pakistan International Airways (PIA), les partisans de Sharif scandaient "Va-t-en Musharaff, va-t-en".

Le gouvernement pakistanais avait exhorté ce week-end M. Sharif à ne pas revenir, même si la Cour suprême l'y a autorisé, et selon des témoins, la police a usé de camions et de tracteurs pour bloquer les principaux axes menant à l'aéroport d'Islamabad pour empêcher ses partisans de venir assister à son retour. Les passagers munis de billets d'avion ont été transportés vers l'aéroport dans des minibus mobilisés spécialement pour l'occasion.

Dans le même temps, un responsable pakistanais a déclaré que quatre dirigeants politiques favorables à M. Sharif ont été confinés à domicile en vertu de la loi dite "du maintien de l'ordre public", qui permet aux autorités de détenir des suspects jusqu'à trois mois sans inculpation, selon ce responsable qui se prononçait sous le couvert de l'anonymat.

L'ancien Premier ministre avait été renversé par Pervez Musharraf dans un coup d'Etat sans violence. Condamné à la prison à perpétuité pour terrorisme et détournement, il avait été libéré en 2000 à la faveur d'un accord négocié par l'Arabie saoudite, à condition qu'il ne retourne pas au Pakistan pendant au moins 10 ans.

Le face-à-face annoncé entre les partisans de M. Sharif et le régime en place pourrait encore affaiblir M. Musharraf, à l'heure où le Pakistan vit une crise politique et où les autorités combattent des islamistes renforcés le long de la frontière avec l'Afghanistan, une région où le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden pourrait se cacher.

"Nous sommes heureux de rentrer dans notre pays après sept longues années d'exil", a déclaré M. Sharif, ajoutant qu'il s'attendait à voir M. Musharraf déclarer l'état d'urgence pour freiner ses partisans. Mais selon M. Sharif, cette éventualité ne fait que renforcer sa volonté de restaurer la démocratie et l'autorité du pouvoir judiciaire.

"Nous n'avons peur de rien: les prisons, nous sommes déjà passés par tout cela", a-t-il lancé. Des centaines de partisans s'étaient déplacés pour l'encourager avant son départ. AP

ma/v169




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