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Retour au pays de courte durée pour Nawaz Sharif, l'ancien Premier ministre pakistanais, renversé en 1999 par un coup d'Etat fomenté par le général Pervez Musharraf. Il a été expulsé lundi vers l'Arabie saoudite, quelques heures seulement après son arrivée à Islamabad en provenance de Londres, où il vivait depuis son départ en exil du Pakistan il y a sept ans.
Nawaz Sharif avait annoncé son retour en grandes pompes au Pakistan pour défier le président Pervez Musharraf lors des prochaines scrutins. Mais, peu après l'atterrissage de son avion à Islamabad, il a été placé en garde à vue et s'est vu notifier son inculpation pour corruption dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent liée à une exploitation sucrière. Avant d'être expulsé du Pakistan à bord d'un vol à destination de Djeddah, en Arabie saoudite.
Resté à Londres, Shahbaz Sharif, frère de l'ancien Premier ministre, a annoncé que son parti, la Pakistan Muslim League-N (PML-N, Ligue musulmane du Pakistan), soumettrait à la Cour suprême pakistanaise une pétition contestant l'expulsion. "Cette journée restera comme la plus noire de l'histoire du Pakistan", a-t-il déclaré sur la chaîne Geo TV. "Je n'ai pas de mots pour décrire mon chagrin".
L'Union européenne a, de son côté, estimé que Nawaz Sharif devait être autorisé à rentrer au pays pour se défendre des accusations retenues contre lui.
Déposé par Pervez Musharraf, alors chef de l'armée, à la faveur d'un coup d'Etat sans violence en 1999, Nawaz Sharif avait été condamné à la prison à perpétuité pour terrorisme et détournement. Il avait été libéré en 2000 à la faveur d'un accord négocié par l'Arabie saoudite, à condition qu'il ne retourne pas au Pakistan pendant au moins 10 ans.
Résidant à Londres depuis lors, il avait été autorisé fin août par la Cour suprême à rentrer au Pakistan et avait annoncé son retour, qu'il voulait triomphal, pour lundi, alors qu'il se savait menacé d'arrestation et que le gouvernement s'était opposé à sa venue.
Il comptait être candidat aux législatives dans le but de mettre un terme au gouvernement de Musharraf, au moment où le Pakistan est en pleine incertitude politique.
Musharraf, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat avant d'être élu, et l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto négocient actuellement un accord de partage de pouvoir susceptible de mettre fin à huit ans de régime militaire au Pakistan. Musharraf n'a pas encore annoncé s'il démissionnerait ou non de son poste de chef des armées avant la présidentielle d'octobre, comme l'y contraint, selon plusieurs responsables de l'opposition, la Constitution. Sa réélection semble largement dépendre d'un éventuel accord avec Mme Bhutto, qui doit elle-même annoncer vendredi la date de son retour au Pakistan.
L'expulsion de Nawaz Sharif ne devrait également pas manquer de renforcer l'opposition à Musharraf, déjà fragilisé par sa tentative manquée de se débarrasser du président de la Cour suprême et par l'instabilité croissante dans les zones tribales de la frontière afghane, aux mains d'islamistes extrémistes.
Lundi, la police a usé de camions et de tracteurs pour bloquer les principaux axes menant à l'aéroport d'Islamabad pour empêcher les partisans de Sharif de venir assister à son retour. Des heurts ont également opposé policiers et partisans de Sharif à deux endroits près de la capitale, faisant plusieurs blessés, selon des journalistes de l'Associated Press présents sur place.
Dans le même temps, quatre dirigeants politiques favorables à M. Sharif étaient assignés à résidence en vertu de la loi dite "du maintien de l'ordre public", qui permet aux autorités de détenir des suspects jusqu'à trois mois sans inculpation, a indiqué Iqbal Cheema, porte-parole du ministère de l'Intérieur. AP
jp/v262/nc
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