Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Plus de 80% des kamikazes afghans ont suivi un entraînement au Pakistan, selon un rapport de l'ONU qui exhorte la communauté internationale à démanteler ces refuges de la zone frontalière mais aussi à s'attaquer aux racines du terrorisme, dont la pauvreté.
Ce document, publié dimanche, se fonde sur des entretiens avec 23 détenus de Kaboul, reconnus coupables de tentatives d'attentat-suicide ou en attente de leur procès pour ce chef d'accusation, ainsi que d'autres activistes et des responsables de la sécurité.
Un rapport d'autant plus important que le nombre d'attentats suicide a explosé ces deux dernières années en Afghanistan. De 17 en 2005, il est passé à 123 en 2006. Et entre le début de l'année et la fin août, 103 attaques suicide ont été perpétrées, ce qui fera à terme de 2007 l'année la plus sanglante, selon l'ONU.
Les cibles sont exclusivement militaires ou gouvernementales mais sur les 183 victimes recensées fin juin, 80% étaient des civils, d'après le rapport.
Sur les 23 candidats kamikazes, 21 sont afghans mais la plupart ont séjourné au Pakistan en tant que réfugiés. Les organisations terroristes recrutent dans les camps de réfugiés et les écoles coraniques du Waziristan, région pakistanaise frontalière de l'Afghanistan, note le rapport.
"Le phénomène des attentats-suicide en Afghanistan est intimement lié aux diverses structures et institutions qui existent de l'autre côté de la frontière pakistanaise", peut-on y lire. "Plus de 80%" des kamikazes passent par des camps d'entraînement au Waziristan.
Si ces bastions et ces points de soutien ne sont pas détruits, "il est fort improbable que la violence en Afghanistan disparaisse", estime le rapport.
La plupart des candidats kamikazes sont jeunes, pauvres et illettrés, affirme l'ONU qui suggère de "comprendre et neutraliser les racines" sur lesquelles pousse le terrorisme.
Ghulam, un détenu de 16 ans, explique qu'on l'a drogué et qu'on lui a promis de l'argent pour qu'il mène une mission. "Ils n'arrêtaient pas de dire que je ne serais pas tué", a-t-il raconté aux enquêteurs de l'ONU. "Ils ont aussi dit que si je ne le faisais pas, j'irais en enfer".
Le rapport suggère aux troupes de l'OTAN d'éviter de faire des victimes civiles mais aussi d'éviter procéder à des perquisitions humiliantes. Pour la force de maintien de la paix, il prône le déploiement de soldats venant de pays musulmans. D'après le document, les troupes étrangères sont perçues comme une armée d'occupation et le président afghan Hamid Karzaï comme un pantin de l'Occident. "Ce sont des envahisseurs", résume Munir, un Afghan de 19 ans arrêté après avoir planifié un attentat à la voiture piégée. AP
cb/v14/nc
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|