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Certains parlent de démocratie héréditaire. En Grèce, la politique est une affaire de famille: le gouvernement se transmet de père en fils et d'oncle en neveu, avec les deux grandes dynasties rivales qui se renvoient la balle du pouvoir depuis un demi-siècle.
Le 16 septembre, le Premier ministre Costas Caramanlis défend sa majorité contre l'opposition socialiste emmenée par Georges Papandréou.
Et il n'y a pas que dans le pays qui inventa la démocratie il y a quelque 2.500 ans que ces noms-là rappellent quelque chose... Car hormis la parenthèse de la dictature des colonels (1967-74), c'est soit un Caramanlis soit un Papandréou qui a été Premier ministre pendant 30 des 45 années de gouvernement démocratique depuis 1955.
Pour l'instant, la famille Caramanlis arrive en tête, avec 17 années au pouvoir, devançant les Papandréou, qui n'en comptent que 13.
"Le moyen le plus sûr de devenir Premier ministre est d'être le fils ou le neveu d'un Premier ministre", ironisait le chef de l'extrême droite Giorgos Karadzaferis au cours d'un débat télévisé la semaine dernière. "Il est temps de changer" cette loi de l'hérédité, a-t-il jugé.
Ce yo-yo dynastique a commencé en 1956, quand le gouvernement conservateur dirigé par le Premier ministre d'alors Constantin Caramanlis -oncle de l'actuel- fut défié par une coalition comprenant l'Union démocratique-libérale dirigée par Georges Papandréou, grand-père de l'actuel chef du PASOK...
Après la chute de la dictature, Constantin Caramanlis fonda le parti de la Nouvelle démocratie -aujourd'hui dirigé par son neveu- et resta à la tête du gouvernement jusqu'en 1981.
Les conservateurs furent chassés du pouvoir par le PASOK, fondé et dirigé par Andreas Papandréou, fils de Georges senior et père de l'actuel.
Le charismatique Andreas Papandréou est crédité d'avoir enfin guéri la féroce inimitié droite-gauche en Grèce, qui datait de la guerre civile de 1946-49. Il gouverna sur la période 1981-89, et de 1993 jusqu'à quelques mois de sa mort en 1996.
Son successeur réformateur, le socialiste Costas Simitis, professeur de droit dont la famille n'était pas impliquée en politique, est largement considéré comme l'un des Premiers ministres les plus efficaces de l'après-guerre. Il démissionna de la direction du PASOK en février 2004, un mois avant le raz-de-marée de la Nouvelle démocratie, avec à sa tête, un autre Costas, mais surtout encore un Caramanlis. AP
nc/v
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