Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
A l'approche de l'élection présidentielle, la situation politique se tend au Pakistan. Sous la pression de l'opposition, le président pakistanais Pervez Musharraf accepte de renoncer à son poste de chef des forces armées, mais une fois seulement qu'il aura été réélu à la tête de l'Etat lors du scrutin du mois prochain, a annoncé mardi le conseiller juridique du gouvernement.
Le général Musharraf est assuré d'obtenir le soutien d'une majorité des parlementaires fédéraux et provinciaux qui éliront le président de la République lors d'un scrutin au suffrage indirect prévu d'ici le 15 octobre, a souligné pour sa part le ministre de l'Information Mohammed Ali Durrani.
Le parti d'opposition de Benazir Bhutto, le Parti du peuple pakistanais (PPP), a jugé la proposition du général Musharraf anticonstitutionnelle et antidémocratique et brandi la menace de la démission de ses parlementaires à moins que "des mesures pour la réconciliation nationale" soient prises.
La chef de l'opposition, l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto en exil depuis huit ans, négocie actuellement avec le général Pervez Musharraf un accord de partage de pouvoir, susceptible de mettre fin à huit ans de régime militaire.
Malgré un affaiblissement de son pouvoir ces derniers mois, le général Musharraf, arrivé au pouvoir il y a huit ans à la faveur d'un coup d'Etat dans cette seule puissance nucléaire déclarée du monde musulman, pense être réélu pour un nouveau mandat présidentiel de cinq ans par les parlementaires locaux et fédéraux.
La déclaration de mardi, faite par le conseiller juridique Sharifuddin Pirzada, est la première annonce officielle claire que Pervez Musharraf envisage de mettre fin à son emprise militaire directe sur le pays.
"S'il est élu pour un second mandat présidentiel, le général Pervez Musharraf remettra la charge de ses fonctions de chef d'état-major des armées aussitôt après le scrutin mais avant sa prestation de serment présidentiel pour ce second mandat", écrit M. Pirzada dans une déclaration adressée à la Cour suprême du Pakistan.
Les partis d'opposition ont jugé que cette décision du général Musharraf d'être candidat avant d'avoir quitté l'armée est "à la fois anticonstitutionnelle et anti-démocratique", a jugé Sherry Rehman, une porte-parole du PPP de Benazir Bhutto, qui avait négocié un partage du pouvoir avec Musharraf après les élections parlementaires prévues en janvier 2008.
Les discussions avaient buté sur certaines exigences posées par Benazir Bhutto, une liste de demandes qu'elle juge essentielles pour rétablir la démocratie au Pakistan, comme l'abandon des poursuites pour corruption contre elle-même et certains politiques, ainsi que la possibilité pour elle de se présenter une troisième fois au poste de Premier ministre.
"Si ces mesures pour la réconciliation nationale ne sont pas prises, le Parti du peuple pakistanais envisagera de quitter le Parlement", a précisé Sherry Rehman.
Benazir Bhutto doit rentrer au Pakistan le 18 octobre. Le gouvernement a affirmé qu'elle était libre de revenir mais qu'elle devrait faire face à des accusations de corruption. AP
ma-ljg/v/sop
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|