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actu & culture


TUNIS - jeudi 20 septembre 2007 à 18h18

Tunisie: deux dirigeants d'un parti d'opposition entament une grève de la faim



La secrétaire générale du parti démocratique progressiste (PDP), Maya Jribi, et son prédécesseur, Me Néjib Chebbi, directeur de l'hebdomadaire "Al Mawkef", organe de cette formation de l'opposition légale en Tunisie, ont annoncé jeudi avoir entamé une grève de la faim illimitée pour protester contre la menace imminente de les déloger des locaux que leur parti occupe depuis 13 ans à Tunis.

Une procédure judiciaire a été engagée en urgence par le propriétaire du bâtiment sous prétexte que le bail était destiné uniquement aux activités du journal et non pas du parti. Une décision d'expulsion des lieux devrait intervenir lundi prochain, selon le PDP.

Lors d'une conférence de presse, Maya Jribi a dénoncé ce qu'elle considère comme une "volonté délibérée du gouvernement de venir à bout du dernier carré de liberté d'expression et de réunion, après la paralysie des activités de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH)".

Outre le siège central du PDP, plusieurs fédérations régionales sont en butte à des mesures similaires, selon elle.

Un document distribué à la presse qualifie ce développement de "menace grave contre ce qui reste de la liberté d'action politique et témoigne de la dégradation et de la régression de la vie politique dans notre pays contrairement aux promesses (faites depuis 20 ans par le pouvoir) de mettre la Tunisie sur la voie du pluralisme et de la démocratie".

Les autorités rejettent ces accusations, les qualifiant d'"allégations sans fondement". Dans un communiqué transmis à l'Associated Press, elles s'élèvent contre "les tentatives des responsables du PDP d'exploiter un contentieux civil immobilier entre propriétaire et locataire à des fins politiques".

Il s'agit là de "pratiques irresponsables et injustifiées", selon la même source gouvernementale qui assure que "les neuf partis politiques (légaux) que compte le pays évoluent et expriment leurs points de vue en toute liberté".

"Malgré la précarité de mon état de santé après avoir subi une opération à coeur ouvert et de celui de ma camarade qui ne pèse pas plus que 45kg, nous poursuivrons la grève n'importe où jusqu'à ce que ces mesures oppressives soient levées", a martelé Me Chebbi.

Cet avocat de 64 ans avait pris part à une grève de la faim observée pendant plus d'un mois par huit personnalités de l'opposition et de la société civile, à la veille du sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) tenu à Tunis en novembre 2005. Ils revendiquaient le respect des droits et des libertés. AP

xbb1/ir




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