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Les avocats pakistanais ont annoncé leur intention de défier l'interdiction de rassemblements publics et d'organiser jeudi une manifestation "historique" lorsque le président Pervez Musharraf officialisera sa candidature contestée à un nouveau mandat de cinq ans.
"Si Dieu veut, ce sera une protestation historique", a déclaré Munir Malik, président du barreau.
Depuis la tentative ratée du président de limoger le président de la Cour suprême, les avocats pakistanais sont en pointe de la contestation à Musharraf, jugeant qu'il a cherché à mettre des bâtons dans les roues du pouvoir judiciaire.
Ils sont nombreux à considérer, comme l'opposition, que Musharraf ne peut se présenter au scrutin du 6 octobre tant qu'il ne renoncera pas à son rôle de chef des armées.
C'est jeudi que les députés ayant désigné Musharraf comme candidat doivent déposer les documents officiels de candidature auprès de la Commission électorale, a précisé le ministre de l'Information Mohammed Ali Durrani, faisant état de mesures de sécurité exceptionnelles pour cette opération.
Faisant monter la pression et cherchant à étouffer dans l'oeuf d'éventuelles manifestations, le gouvernement pakistanais a fait arrêter au moins une centaine de membres de l'opposition à titre préventif. Des arrestations qui ont déclenché un flot de critiques, y compris de la part de Washington.
Les rassemblements de plus de cinq personnes ont en outre été interdits dans la capitale Islamabad.
Musharraf, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1999, s'est engagé à quitter la tête de l'armée s'il est réélu le 6 octobre. Mais selon un avocat du gouvernement, il compte rester à ce poste s'il ne l'est pas.
Ce qui semble conforter l'opposition, qui craint que Musharraf ne décrète l'état d'urgence en cas de rejet de sa candidature par la Cour suprême, appelée à se prononcer dans les prochains jours sur sa validité.
Le parti du peuple pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto présentera la candidature de son vice-président Makhdoom Amin Fahim, mais seulement si Musharraf est exclu de la course présidentielle.
L'ancien chef de gouvernement compte quant à elle rentrer d'exil le 18 octobre, mais veut que Musharraf abandonne les accusations de corruption pesant sur elle ainsi que l'interdiction de prendre une troisième fois la tête du gouvernement. AP
nc/v
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