Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


ISLAMABAD, Pakistan - jeudi 27 septembre 2007 à 08h03

Pakistan: la police bloque l'accès à la capitale pour empêcher les avocats de manifester contre Musharraf



Les forces de sécurité pakistanaises ont bloqué l'accès à Islamabad jeudi pour tenter d'empêcher la tenue d'une manifestation convoquée par les avocats pakistanais contre la candidature controversée du président Pervez Musharraf à un nouveau mandat de cinq ans.

Les avocats ont annoncé leur intention de défier l'interdiction de rassemblements publics et d'organiser jeudi une manifestation "historique" au moment où le président Musharraf officialisera sa candidature. Ils ont invité leurs concitoyens à les rejoindre.

Mais le gouvernement a affirmé que les forces de l'ordre empêcheraient toute perturbation, en réprimant les manifestations de l'opposition en amont de l'élection, fixée au 6 octobre.

"C'est un acte déplorable de la part du gouvernement", a affirmé Munir Malik, président de l'association de la Barre de la Cour suprême. "Pourquoi ont-ils peur d'une manifestation paisible ? C'est notre droit élémentaire", a-t-il estimé.

Depuis la tentative ratée du général Musharraf de limoger le président de la Cour suprême, les avocats pakistanais sont en pointe de la contestation anti-Musharraf. Le président est accusé d'avoir outrepassé ses droits et d'avoir mis des bâtons dans les roues du pouvoir judiciaire.

Ils sont nombreux à considérer, comme l'opposition, que Musharraf ne peut se présenter au scrutin du 6 octobre tant qu'il ne renoncera pas à son rôle de chef des armées.

C'est jeudi que les députés ayant désigné Musharraf comme candidat doivent déposer les documents officiels de candidature auprès de la Commission électorale, a précisé le ministre de l'Information Mohammed Ali Durrani, faisant état de mesures de sécurité exceptionnelles pour cette opération.

Faisant monter la pression et cherchant à étouffer dans l'oeuf d'éventuelles manifestations, le gouvernement pakistanais a fait arrêter au moins une centaine de membres de l'opposition à titre préventif. Des arrestations qui ont déclenché un flot de critiques, y compris de la part de Washington.

Les rassemblements de plus de cinq personnes ont en outre été interdits dans la capitale Islamabad.

Musharraf, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1999, s'est engagé à quitter la tête de l'armée s'il est réélu le 6 octobre. Mais selon un avocat du gouvernement, il compte rester à ce poste s'il ne l'est pas.

Ce qui semble conforter l'opposition, qui craint que Musharraf ne décrète l'état d'urgence en cas de rejet de sa candidature par la Cour suprême, appelée à se prononcer dans les prochains jours sur sa validité.

Le parti du peuple pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto présentera la candidature de son vice-président Makhdoom Amin Fahim, mais seulement si Musharraf est exclu de la course présidentielle.

L'ancien chef de gouvernement compte quant à elle rentrer d'exil le 18 octobre, mais veut que Musharraf abandonne les accusations de corruption pesant sur elle ainsi que l'interdiction de prendre une troisième fois la tête du gouvernement. AP

nc/ar/v95/ca