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actu & culture


ISLAMABAD - jeudi 27 septembre 2007 à 17h35

Pakistan: le président de la cour suprême ordonne la libération des opposants à Musharraf arrêtés ces derniers jours



Bras de fer à Islamabad. Le président de la Cour suprême pakistanaise a ordonné jeudi la libération immédiate des détenus politiques, le jour où le président Pervez Musharraf officialisait une très contestée candidature à un second mandat présidentiel de cinq ans.

Le juge Iftikhar Mohammed Chaudhry, que Pervez Musharraf avait tenté en vain il y a peu de révoquer, a pris cette décision après avoir sommé des responsables du gouvernement et de la police d'expliquer qui avait signé l'ordre de bloquer les accès à la capitale Islamabad pour empêcher une manifestation contre Musharraf prévue dans la journée à l'appel d'avocats.

Selon la télévision d'Etat pakistanaise, la cour suprême a ordonné la libération de Javed Hasmi, dirigeant par intérim de la Ligue musulmane du Pakistan (PML), parti de l'ancien Premier ministre en exil Nawaz Sharif, et de tous les autres détenus politiques. Le vice-ministre de l'Information Tariq Azim a ensuite assuré que cette décision serait "pleinement appliquée".

Javed Hasmi a confirmé à l'Associated Press tard jeudi soir qu'il avait été relâché à Rawalpindi, ville-jumelle d'Islamabad, avec 44 autres militants de l'opposition.

Environ 200 personnes, dont des dirigeants de l'opposition, ont été arrêtés dans tout le pays depuis samedi soir, selon des sources officielles. Les partis d'opposition affirment que le bilan est beaucoup plus élevé.

Ces détentions, justifiées par le gouvernement au nom du maintien de l'ordre, ont suscité de vives critiques, y compris de la part des Etats-Unis, principal allié international de Musharraf.

Ce dernier a perdu cette année une partie de sa popularité et de son influence dans sa tentative manquée pour se débarrasser du trop indépendant juge Chaudhry. Les avocats, accusant le chef de l'Etat d'interférer illégalement dans la justice, ont organisé des manifestations de masse contre son limogeage, et obtenu sa réintégration.

Les avocats voulaient manifester jeudi contre la candidature de Musharraf, qui a pris le pouvoir à la suite d'un coup d'Etat en octobre 1999, à un nouveau mandat de cinq ans. Ils avaient promis de défier l'interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes à Islamabad. Mais l'imposant dispositif de sécurité n'a permis qu'à 150 d'entre eux d'atteindre la Commission électorale et la Cour suprême voisine, des milliers de policiers patrouillant dans le secteur.

Le Premier ministre Shaukat Aziz s'est rendu le jour même à la Commission, avec plusieurs députés, pour présenter la candidature du général-président. La coalition au pouvoir pense toujours avoir suffisamment de voix au sein du collège électoral (qui réunit les députés du Parlement et des assemblées provinciales) pour assurer la réélection de Musharraf lors du scrutin du 6 octobre.

Quarante-deux autres candidats ont déjà déposé leur candidature, dont le juge de la Cour suprême à la retraite Wajihuddin Ahmed, nommé par des avocats militants.

Le Parti du peuple pakistanais (PPP) de l'ancienne Première ministre Benazir Bhutto compte présenter Makhdoom Amin Fahim, son vice-président, mais seulement si Musharraf est exclu de la course présidentielle. Le PPP n'a en effet pas perdu espoir d'arriver à un accord de partage du pouvoir avec Musharraf après les législatives prévues d'ici janvier.

Benazir Bhutto compte quant à elle rentrer d'exil le 18 octobre, mais veut que Musharraf abandonne les accusations de corruption pesant sur elle ainsi que l'interdiction de prendre une troisième fois la tête du gouvernement.

La Cour suprême doit se prononcer dans les jours qui viennent sur plusieurs recours contre la candidature de Musharraf. Par ailleurs, une alliance d'opposition comprenant les islamistes de Muttahida Majlis-e-Amal et le parti de Sharif, a annoncé que ses députés démissionneraient du Parlement et de quatre assemblées provinciales le 2 octobre pour tenter de bloquer l'élection, soit trois jours avant la date prévue.

Pervez Musharraf a promis de renoncer à son rôle de chef des armées s'il est élu et de restaurer la loi civile. Mais un avocat du gouvernement a précisé mardi qu'il resterait à la tête des armées s'il n'est pas réélu. Des déclarations qui ont conforté l'opposition qui accuse Pervez Musharraf de vouloir décréter l'état d'urgence si la cour suprême devait bloquer sa candidature. Le gouvernement a démenti ces accusations. AP

nc/ar/v95/ca/sb




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