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La Cour suprême du Pakistan a levé vendredi le principal obstacle au maintien au pouvoir de Pervez Musharraf en rejetant les recours déposés contre la candidature du président à un nouveau mandat de cinq ans.
"Ces demandes sont déclarées non recevables", a annoncé le juge Rana Bhagwandas, qui présidait la cour, sous les cris de protestation des avocats hostiles à Musharraf qui hurlaient "honte, honte!" et "Musharraf vas-t-en!".
Cette décision de la cour suprême, par six voix contre trois, permet donc au général Musharraf, dont la candidature avait été officialisée la veille, de se présenter à l'élection présidentielle du 6 octobre tout en restant chef des armées.
Le porte-parole de Pervez Musharraf, Rashid Quereshi a aussitôt fait savoir que le président "respecte" cette décision. "La justice triomphe", a-t-il dit.
Mais les militant de l'opposition et du milieu juridique ne cachaient pas leur déception, voyant dans ces recours un test de la capacité de la justice à contenir l'ingérence de l'armée dans la vie politique. Une centaine de partisans d'un parti islamiste de l'opposition ont jeté des tomates et des oeufs sur l'entrée du siège de la cour suprême.
"On pensait que la justice était devenu indépendante. Mais ce qu'on a vu aujourd'hui montre qu'il nous reste encore beaucoup de chemin à faire", déplorait Hamid Khan, avocat de la star du cricket reconvertie en politique Imran Khan. "C'est une mauvaise décision et elle restera comme telle dans l'histoire du Pakistan".
Javed Hasmi, dirigeant par intérim de la Ligue musulmane du Pakistan (PML), le parti de l'ancien Premier ministre en exil Nawaz Sharif, a annoncé que les députés de la PML allaient démissionner du Parlement, stratégie destinée à priver le scrutin présidentiel de sa légitimité.
La coalition au pouvoir dit bénéficier de suffisamment de soutien au sein du collège électoral des députés nationaux et provinciaux pour assurer la victoire de Musharraf lors du scrutin.
Samedi, la commission électorale doit vérifier l'éligibilité des 43 candidats à la présidentielle. Le principal adversaire de Musharraf devrait être l'ancien président de la cour suprême Wajihuddin Ahmed, présenté par des avocats.
Le parti du peuple pakistanais (PPP) de l'ancienne Première ministre Benazir Bhutto, qui a présenté la candidature de Makhdoom Amin Fahim, son vice-président, avait envisagé de la retirer si Pervez Musharraf restait candidat, espérant conclure un accord de partage du pouvoir avec le président avant les législatives prévues d'ici janvier.
Mais Benazir Bhutto, qui compte revenir d'exil le mois prochain, a prévenu vendredi sur la chaîne Geo TV que le temps passait et que son parti envisageait de faire démissionner lui aussi ses députés si Musharraf n'avançait pas dans la restauration de la démocratie.
Pervez Musharraf, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat en 1999, est de plus en plus contesté par l'opposition depuis sa tentative infructueuse en mars dernier pour limoger le président de la cour suprême Iftikhar Mohammed Chaudhry. Le gouvernement peine en outre à endiguer la progression de courants islamistes radicaux. AP
ca/v307/sb/v450/nc
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