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actu & culture


ISLAMABAD - lundi 01 octobre 2007 à 13h04

La Cour suprême pakistanaise ordonne la suspension de trois responsables après la répression de manifestations



La Cour suprême du Pakistan a ordonné lundi la suspension de trois responsables pour la violente répression de dizaines de journalistes et avocats lors des manifestations contre la candidature du président Pervez Musharraf à sa succession.

L'ordre, qui a été rapidement exécuté par le gouvernement, survient alors que la tension monte à quelques jours de l'élection présidentielle samedi. Il est probable que Musharraf soit réélu.

L'opposition a prévu d'organiser de nouvelles manifestations. Elle entend également porter l'affaire devant la justice.

Le président de la Cour suprême Iftikhar Mohammed Chaudhry a convoqué des responsables pakistanais lundi pour comprendre la raison pour laquelle les policiers ont violemment réprimé la manifestation de samedi dernier devant le siège de la commission électorale. Les avocats avaient été frappés à coups de matraque. Les forces de l'ordre avaient également utilisé des gaz lacrymogènes.

Des médecins ont expliqué à la plus haute instance judiciaire du pays que les hôpitaux d'Islamabad avaient soigné 83 personnes, majoritairement pour des blessures à la tête. Parmi les blessés figurent 13 policiers, 31 journalistes et deux députés de l'opposition, selon les médias officiels. Les juges ont pu visionner des enregistrements des affrontements sur un écran installé dans la salle d'audience.

La salle était bondée d'avocats et de journalistes, dont certains portaient encore des bandages aux bras et au crâne. M. Chaudhry a ensuite ordonné aux personnes présentes de quitter les lieux afin qu'il puisse s'entretenir du sujet avec le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Kamal Shah et une poignée de témoins.

Le juge a demandé à Kamal Shah de suspendre les responsables de la police d'Islamabad, ainsi que le directeur adjoint de l'administration locale, selon Mazher Abbas et Afzal Butt, chefs de syndicats de journaliste qui avaient été autorisés à rester dans la salle.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur Javed Iqbal Cheema a rapporté que les autorités avaient exécuté l'ordre. Le gouvernement a ordonné une enquête sur cette répression.

Déterminés à maintenir la pression sur le président Musharraf, les organisations d'avocats ont déclaré que leurs membres prévoyaient de faire grève lundi dans tout le pays. Les adversaires du chef de l'Etat prévoient de contester sa candidature devant la Cour suprême car il n'a pas renoncé à ses fonctions de chef des armées. La plus haute instance judiciaire a déjà rejeté plusieurs recours.

Selon les partis, leurs parlementaires vont quitter mardi les assemblées fédérale et provinciales, chargées d'élire le président, afin de saper la crédibilité du vote. AP

ir/v228




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