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Le président pakistanais Pervez Musharraf est prêt à partager le pouvoir avec le parti de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto s'il remporte suffisamment de sièges lors des prochaines élections, a-t-on appris mercredi de sources officielles.
Les deux parties sont en négociation. Mme Bhutto a occupé à deux reprises les fonctions de Premier ministre entre 1988 et 1996. Le gouvernement a décidé d'annuler les plaintes pour corruption à son encontre, ouvrant la voie à son retour dans la vie politique après huit années d'exil.
Le président Musharraf doit délivrer dès ce mercredi une ordonnance accordant l'amnistie aux personnalités politiques qui font l'objet de plaintes antérieures à 1999 et pour lesquelles il n'y a pas eu de condamnation. Cette disposition était l'une des principales exigences de Mme Bhutto dans ses longues négociations avec Musharraf sur un éventuel accord de partage du pouvoir. Sauf qu'elle a été déjà été reconnue coupable de plusieurs chefs d'inculpation, même si la procédure est en cours d'appel.
L'ancien chef du gouvernement, qui vit actuellement à Londres, doit rentrer au Pakistan le 18 octobre. Un ministre a expliqué mercredi que Mme Bhutto et le gouvernement étaient proches d'un accord concernant la présidentielle et les élections parlementaires, prévues en janvier.
"Le président Musharraf nous a dit qu'il n'hésiterait pas à partager le pouvoir avec Benazir Bhutto si elle remportait suffisamment de sièges pour participer à un gouvernement de consensus national", a-t-il poursuivi sous couvert d'anonymat.
Compliquant la situation, Pervez Musharraf n'a toujours pas dit quand il comptait mettre en place des réformes importantes. Le chef de l'Etat a assuré qu'il quitterait ses fonctions de chef des armées s'il remportait l'élection samedi. Mais Benazir Bhutto a observé qu'il n'avait pas détaillé son programme sur d'autres sujets-clé. "Il y a plusieurs choses que nous voulons, dont des élections équitables", a-t-elle lancé devant la presse à Londres.
"Il n'est pas prêt à approuver une ordonnance accordant une amnistie totale. Il n'est pas prêt à lever l'interdiction de briguer plus de deux mandats de Premier ministre. Il n'est pas prêt à engager les réformes électorales nécessaires à une élection équitable. Il n'est pas prêt à accepter un équilibre des pouvoirs entre la présidence et le Premier ministre", a-t-elle expliqué. "Il est prêt à dire que cela sera fait dans un avenir indéterminé".
Elle a précisé que sa formation politique, le Parti du peuple pakistanais (PPP), devait se réunir pour déterminer si elle va rejoindre d'autres partis de l'opposition et démissionner du Parlement pour saper la légitimité du vote de samedi.
La Cour suprême a par ailleurs accepté d'examiner un recours déposé par l'opposition pour invalider la candidature de Pervez Musharraf à sa propre succession. Le scrutin est prévu samedi. Il doit être élu par les assemblées fédérale et provinciales. La plus haute instance judiciaire du pays a donné une journée au ministre de la Justice et à d'autres responsables pour répondre aux requêtes déposées par les deux principaux adversaires de Musharraf. AP
ir/v206/v280
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