Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Deux bombes ont explosé jeudi soir à Karachi près du camion transportant Benazir Bhutto, alors qu'elle venait de rentrer au Pakistan après un exil de huit ans, faisant au moins 108 morts et de nombreux blessés, ont annoncé des sources hospitalières. L'ancien Premier ministre est indemne.
Un photographe de l'Associated Press présent sur place, B.K. Bangash, a dit avoir vu entre 50 et 60 personnes tuées ou gravement blessées.
Une petite explosion a été suivie d'une autre, beaucoup plus forte, tout près de l'avant du camion transportant Benazir Bhutto dans Karachi, à l'occasion d'un défilé, marquant son retour, qui avait pourtant été placé sous haute sécurité en raison des menaces d'attentat lancées par les islamistes. La déflagration a brisé des vitres de son véhicule.
Le chef de la police de Karachi, Azhar Farooqi, a affirmé à la chaîne de télévision Dawn News que Benazir Bhutto avait été évacuée rapidement dans sa résidence à Karachi.
Selon les autorités, environ 150.000 personnes étaient rassemblées dans les rues de Karachi pour accueillir Mme Bhutto, qui espère à 54 ans redevenir Premier ministre après les élections législatives de janvier.
Les autorités l'avaient exhorté à se déplacer à Karachi par hélicoptère pour réduire le risque d'attentat. Mais elle avait refusé.
"Je n'ai pas peur. Je pense à ma mission", avait-elle déclaré à bord de son avion de retour, en réponse aux menaces de mort qu'elle a reçues.
L'ancien Premier ministre, en larmes, était descendue d'un avion de ligne en provenance de Dubaï vers 13h45 locales (8h45 GMT). Des dizaines de milliers de partisans étaient rassemblés à l'aéroport de Karachi pour l'accueillir.
A un journaliste de l'Associated Press qui lui demandait comment elle se sentait en rentrant au pays, Benazir Bhutto, les cheveux recouverts comme à son habitude de son célèbre foulard blanc et serrant dans sa main un chapelet de prière, a répondu: "Bien. Très bien". "J'ai compté les heures, les minutes et les secondes qui me séparaient de la vision ce pays, son ciel et son herbe", a ensuite affirmé Mme Bhutto, interrogée par l'Associated Press Television News.
L'ancien chef du gouvernement a aussi expliqué être revenue pour combattre l'extrémisme religieux qui a donné du pays la réputation d'être un des bastions mondiaux du terrorisme. "Ce n'est pas la véritable image du Pakistan", a-t-elle corrigé, "ces gens que vous voyez sont la vraie image du Pakistan. Ce sont les classes moyennes convenables et travailleuses du Pakistan, qui veulent être autorisées à construire une nation moderne et modérée".
Des centaines de bus et autres véhicules, décorés de banderoles souhaitant la bienvenue à Benazir se pressaient pare-chocs contre pare-chocs tout du long du boulevard menant au centre-ville, où des drapeaux aux couleurs de son parti du Peuple pakistanais (PPP), rouge, vert et noir, flottaient sur des immeubles.
Ses partisans, venus à pied, ont défilé au son des tambours et autres instruments de musique, scandant "Benazir Premier ministre", au milieu des danses traditionnelles de bienvenue des membres de tribus balouches et des délégations de la minorité chrétienne appartenant au PPP.
Le Premier ministre Shaukat Aziz s'est réjoui du retour de Mme Bhutto, jugeant que cela améliorerait le climat politique et aiderait la démocratie à "prospérer". Le président Musharraf en revanche a gardé le silence.
Partie en exil en 1999 après avoir été accusée de corruption, elle a été amnistiée via une loi promulguée récemment par le président Pervez Musharraf, après des mois de négociations sur un éventuel partage du pouvoir entre eux à l'issue du scrutin de janvier.
Mme Bhutto, dont les deux gouvernements entre 1988 et 1996 ont été renversés sur fond d'accusations de corruption et de mauvaise gestion, pourrait retrouver le poste de Premier ministre en cas de victoire de son Parti du peuple pakistanais (PPP) aux législatives.
Les Etats-Unis ont condamné l'attentat. "Les extrémistes n'empêcheront pas les Pakistanais de choisir leurs représentants par le biais d'un processus ouvert et démocratique", a déclaré Gordon Johndroe, porte-parole du président George W. Bush en matière de politique étrangère.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également condamné l'attentat, et il s'est dit confiant dans le fait que "toutes les forces politiques agiront ensemble pour renforcer l'unité nationale".
Dans un communiqué, le président français Nicolas Sarkozy a aussi condamné l'attentat, et il a invité "les autorités pakistanaises à veiller à ce que le processus devant conduire aux élections législatives se déroule dans les meilleures conditions, en particulier en garantissant la sécurité des responsables politiques". AP
ma/nc/lp/pyr/v788/com
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|