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Ce qui devait être un retour triomphal au Pakistan pour Benazir Bhutto après huit ans d'exil s'est transformé en horreur jeudi soir à Karachi où deux attentats à la bombe et à la grenade visant le cortège de l'ancien Premier ministre ont fait au moins 126 morts.
Benazir Bhutto est indemne. La police et les membres de son parti ont affirmé qu'elle n'avait pas été blessée et qu'elle avait été immédiatement ramenée chez elle.
Deux explosions -celle d'une grenade et d'un attentat-suicide- se sont produites jeudi à proximité du camion transportant Benazir Bhutto, fracassant ses vitres et abîmant le véhicule. La police a retrouvé la tête sectionnée d'un jeune homme qui pourrait être le kamikaze.
Des responsables de six hôpitaux de Karachi ont rapporté que 126 personnes avaient été tuées lors des explosions tandis que 248 avaient été blessées. Il s'agit de l'un des attentats les plus meurtriers de l'histoire du Pakistan.
Le responsable de la police de Karachi, Azhar Farooqi a affirmé quant à lui que 113 personnes étaient mortes dans l'attentat dont vingt policiers, et que 300 autres avaient été blessées. Il était impossible dans l'immédiat d'obtenir la confirmation de ces deux bilans contradictoires.
Benazir Bhutto est rentrée au Pakistan en vue de diriger son parti du Peuple pakistanais (PPP) lors des élections parlementaires de janvier. Son retour a suscité l'enthousiasme de ses supporters, qui agitaient des drapeaux aux couleurs de son parti, rouge, vert et noir.
Le chef de la police a ainsi estimé à 150.000 le nombre de personnes descendues dans les rues de Karachi pour l'accueillir.
Le président du Pakistan, le général Pervez Musharraf, un allié des Américains dans la guerre contre le terrorisme, a condamné ces attaques, les qualifiant de "conspiration contre la démocratie", a rapporté l'Associated Press du Pakistan. Il a appelé au calme et a promis que le gouvernement prendrait "toutes les mesures" nécessaires pour retrouver les coupables.
"Il est prématuré de désigner des responsables pour cette attaque, mais il y a eu des menaces venant d'extrémistes", a pour sa part déclaré M. Farooqi.
Contrainte à l'exil en 1999 après avoir été accusée de corruption, Benazir Bhutto a été amnistiée via une loi promulguée récemment par Pervez Musharraf après des mois de négociations sur un éventuel partage du pouvoir entre eux à l'issue du scrutin du 14 janvier prochain.
Mme Bhutto, dont les deux gouvernements entre 1988 et 1996 ont été renversés sur fond d'accusations de corruption et de mauvaise gestion, pourrait retrouver le poste de Premier ministre en cas de victoire de son Parti du peuple pakistanais (PPP) aux législatives. AP
ar/v123/ma
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