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L'OTAN "n'a pas vocation" à déployer une force multinationale au Liban, estime mercredi Jacques Chirac, favorable à ce que cette mission soit placée sous le contrôle des Nations unies. A la question de savoir si Paris serait prêt à assurer le commandement de cette force, le président répond que "la France a toujours assumé ses responsabilités au Liban".
"Elle se déterminera selon un certain nombre de conditions. Nous souhaitons avoir un cessez-le-feu, un engagement politique et une force internationale chargée d'appliquer, dans des conditions strictement précisées, cette politique. A ce moment-là, nous verrons", dit-il dans un entretien au "Monde" daté de jeudi.
Pour Paris, en tout cas, l'Alliance atlantique "n'a pas vocation à mettre sur pied une telle force. Pour des raisons techniques mais aussi pour des raisons politiques, l'OTAN n'est pas fait pour ce genre d'intervention", explique-t-il. Selon lui, "l'OTAN est perçu, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions, et par conséquent, en terme d'image, l'OTAN n'a pas vocation à cela".
Jacques Chirac réaffirme que la force multinationale suppose "des conditions impératives", c'est-à-dire "l'acceptation d'un cessez-le feu par l'ensemble des protagonistes", "l'acceptation du principe même d'une force internationale par les différentes parties" et le fait que cette force "soit sous chapitre VII de l'ONU", qui autorise le recours à la force.
Il précise que son mandat devra avoir un objectif politique, "qui est le recouvrement par le gouvernement libanais légal de la totalité de sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. C'est une condition sine qua non".
Ensuite, cette force devra avoir un "objectif militaire, qui est de donner la possibilité aux forces libanaises, restructurées et aidées, de se déployer sur l'ensemble du Liban, et d'assurer la sécurité du pays". "Cette force d'intervention doit avoir des moyens et des règles d'engagement adaptées à sa mission", poursuit Jacques Chirac.
Toutefois, le chef de l'Etat dit ne "pas penser" qu'une force internationale "ait la possibilité ou la vocation de désarmer le Hezbollah". "C'est au gouvernement libanais de le faire. Ce qui implique qu'il y ait un accord politique", note-t-il. AP
ir/com/mw
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