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L'OTAN "n'a pas vocation" à déployer une force multinationale au Liban, estime mercredi Jacques Chirac, favorable à ce que cette mission soit placée sous le contrôle des Nations unies. A la question de savoir si Paris serait prêt à assurer le commandement de cette force, le président répond que "la France a toujours assumé ses responsabilités au Liban".
"Elle se déterminera selon un certain nombre de conditions. Nous souhaitons avoir un cessez-le-feu, un engagement politique et une force internationale chargée d'appliquer, dans des conditions strictement précisées, cette politique. A ce moment-là, nous verrons", dit-il dans un entretien au "Monde" daté de jeudi.
Pour lui, "il est essentiel que la communauté internationale se mettre d'accord sur les grandes lignes d'un arrangement politique, mis en oeuvre après un cessez-le-feu". Alors que le conflit au Liban entre dans sa troisième semaine, les chefs de la diplomatie de plusieurs pays examinent ce mercredi à Rome les conditions d'un cessez-le-feu et l'éventuel déploiement d'une force internationale.
"L'essentiel c'est qu'il y ait un cessez-le-feu, qui suppose que les soldats israéliens pris par le Hezbollah soient libérés, de même d'ailleurs que doit l'être celui qui a été pris par le Hamas", poursuit Jacques Chirac. Et de marteler, "il est essentiel d'avoir d'abord un cessez-le-feu. C'est préalable".
Selon lui, "ce cessez-le-feu comporte deux exigences: d'une part, la sécurité d'Israël, qui doit être assurée, et d'autre part, l'application réelle, sur le terrain, de la résolution 1559 de l'ONU", dont le point 3 demande "que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées".
"Il n'y aura pas de Liban stable et démocratique, comme c'est sa vocation déjà confirmée, si une partie de son territoire échappe à l'autorité du gouvernement et relève de la seule autorité de milices", ajoute-t-il. Pour M. Chirac, un "Etat stable, démocratique" suppose "un retrait du Hezbollah du sud du Liban, un accord avec les fermes de Chebaa, et un accord sur un échange de prisonniers, notamment un retour de prisonniers libanais qui se trouvent actuellement en Israël".
En tout état de cause, l'Alliance atlantique "n'a pas vocation à mettre sur pied une telle force. Pour des raisons techniques mais aussi pour des raisons politiques, l'OTAN n'est pas fait pour ce genre d'intervention", explique-t-il. Selon lui, "l'OTAN est perçu, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions, et par conséquent, en terme d'image, l'OTAN n'a pas vocation à cela".
Jacques Chirac réaffirme que la force multinationale suppose "des conditions impératives", c'est-à-dire "l'acceptation d'un cessez-le feu par l'ensemble des protagonistes", "l'acceptation du principe même d'une force internationale par les différentes parties" et le fait que cette force "soit sous chapitre VII de l'ONU", qui autorise le recours à la force.
Il précise que son mandat devra avoir un objectif politique, "qui est le recouvrement par le gouvernement libanais légal de la totalité de sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. C'est une condition sine qua non".
Ensuite, cette force devra avoir un "objectif militaire, qui est de donner la possibilité aux forces libanaises, restructurées et aidées, de se déployer sur l'ensemble du Liban, et d'assurer la sécurité du pays". "Cette force d'intervention doit avoir des moyens et des règles d'engagement adaptées à sa mission", poursuit Jacques Chirac.
Toutefois, le chef de l'Etat dit ne "pas penser" qu'une force internationale "ait la possibilité ou la vocation de désarmer le Hezbollah". "C'est au gouvernement libanais de le faire. Ce qui implique qu'il y ait un accord politique", note-t-il en estimant par ailleurs que "l'Iran a une part de responsabilité" dans la crise libanaise. Selon M. Chirac, "les informations dont nous disposons prouvent que des armements sophistiqués et des financements sont envoyés par l'Iran, via vraisemblablement la Syrie, au Hezbollah". AP
ir/com/mw
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