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A la veille du voyage de Nicolas Sarkozy en Chine de dimanche à mardi, les associations de défense des droits de l'Homme sont montées au créneau pour appeler le président à faire entendre la voix de la France et dénoncer les "violations systématiques" perpétrées dans le pays.
L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontière, emmenée par Robert Ménard, somme le chef de l'Etat "de faire entendre la voix de la France sur les droits de l'Homme". Elle a d'ailleurs transmis à ses conseillers "la liste des 33 journalistes et des 50 cyberdissidents et internautes actuellement emprisonnés en Chine". Et rappelle que la Chine s'était engagée à améliorer la situation de la liberté de la presse et des droits de l'Homme lors de l'attribution des JO à Pékin en 2001.
Même invite de la part de la FIDH (Fédération internationale des droits de l'Homme) qui, dans un courrier à Nicolas Sarkozy, l'interpelle sur "les violations systématiques des droits de l'Homme perpétrées en Chine" et le presse de profiter de son voyage -"opportunité unique"- pour "aborder ces questions" avec ses homologues.
"Le harcèlement à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme, des journalistes et des avocats ainsi que des militants pour la défense de l'environnement reste systématique", écrit la FIDH. Quant à la peine de mort, appliquée en Chine pour 68 crimes et délits, l'association rappelle que "le nombre d'exécutions annuelles reste classé secret". Selon les estimations, elles seraient au nombre de 3 à 8.000 par an.
La FIDH invite également le président à intervenir auprès des autorités de Pékin "pour qu'elles pèsent de tout leur poids afin que la junte birmane libère tous les prisonniers d'opinion, à commencer par Aung San Suu Kyi", la responsable de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), prix Nobel de la paix, toujours assignée à résidence. Enfin, elle évoque la situation au Tibet.
Dans un rapport publié en août, à un an des Jeux olympiques de Pékin en 2008, Amnesty international épinglait déjà "une répression toujours plus dure" contre "les défenseurs des droits humains et les journalistes chinois". Le rapport évoquait des détentions arbitraires "de plus en plus nombreuses", des "assignations à résidence", la "rééducation par le travail", des "actes de torture", des "procès iniques" et un "nettoyage" de Pékin avant les JO.
Reste à savoir si ces appels seront entendus par Nicolas Sarkozy, qui s'était fait le champion de la cause des droits de l'Homme pendant la présidentielle. "Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l'Homme au nom de nos intérêts économiques", écrivait ainsi le candidat UMP dans son programme. "Tous ceux qui ont fait l'expérience de renoncer à la défense des droits de l'Homme au bénéfice de contrats n'ont pas eu les contrats, et ont perdu sur le terrain des valeurs", proclamait-il encore le 13 novembre dernier à Strasbourg. AP
sch-co/sb
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