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Les élections législatives s'annoncent serrées samedi en Australie, mais le Premier ministre conservateur John Howard, au pouvoir depuis onze ans, risque bien d'être battu. Les sondages donnent en effet la victoire aux travaillistes et à leur leader, Kevin Rudd.
Le résultat dépendra sans doute de quelques circonscriptions particulièrement indécises, notamment celle de John Howard. Les travaillistes doivent gagner 16 sièges supplémentaires à la Chambre des Représentants du Parlement, par rapport aux résultats de 2004, pour remporter une majorité et former un gouvernement.
Si John Howard perd sa circonscription de Bennelong dans la banlieue nord-ouest de Sydney, il subirait l'humiliation d'être le deuxième Premier ministre en place à être évincé du Parlement en plus d'un siècle de fédéralisme en Australie.
Quel que soit le résultat, les élections de samedi annonceront la fin de l'ère Howard. Il prévoit de s'en aller au bout d'au moins 18 mois s'il gagne, remettant le pouvoir au ministre des Finances Peter Costello.
Plus de 13,5 millions d'Australiens, sur une population de 21 millions d'habitants, sont appelés aux urnes samedi, et les résultats sont attendus tard dans la soirée ou dimanche matin.
Vendredi, les deux leaders affirmaient s'attendre à un résultat serré.
L'économie a été un des thèmes central de la campagne, avec des candidats débattant notamment de la meilleure façon d'exploiter la demande croissante de la Chine et de l'Inde pour le charbon et d'autres minéraux australiens.
Mais le changement de génération pourrait bien être la clé du scrutin. "Ce pays réclame désespérément une nouvelle direction", estime Kevin Rudd, un diplomate de 50 ans qui parle couramment le mandarin et a promis une "révolution de l'éducation" et des connections Internet haut débit pour tous les Australiens.
John Howard, 68 ans, a surtout fait campagne sur son bilan, mettant en avant 17 ans de croissance économique ininterrompue et assurant qu'on ne pouvait pas faire confiance aux travaillistes pour maintenir cette dynamique. "Si vous croyez que l'Australie se dirige dans la bonne direction, ne prenez pas de risque en changeant de gouvernement", a-t-il lancé aux électeurs.
Fort de quatre victoires électorales consécutives, John Howard, deuxième Premier ministre à être resté le plus longtemps en place en Australie, doit désormais convaincre les électeurs qu'il n'est pas usé par le pouvoir. Beaucoup en doutent.
"M. Howard a atteint sa date de péremption", titrait ainsi vendredi "The Daily Telegraph" de Sydney dans un éditorial.
Autre thème central de la campagne: le changement climatique. M. Rudd a affirmé qu'il ratifierait immédiatement le protocole de Kyoto, et il a proposé un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (parmi les plus élevées au monde par habitant) de 60% d'ici 2050.
John Howard, qui ne s'est véritablement intéressé à la question que récemment, a refusé de signer le protocole de Kyoto en 1997. Il semble désormais prêt à signer le prochain accord dans ce domaine, à condition que la Chine et l'Inde n'en soient pas exemptées. Par ailleurs, il n'a promis de fixer des objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre qu'après les élections.
Sur l'Irak, M. Rudd a annoncé qu'il retirerait les 550 soldats australiens combattant au sein de la coalition menée par les Etats-Unis, tout en laissant sur place plus d'un millier d'hommes pour des missions essentiellement de sécurité. John Howard, l'un des alliés les plus fidèles de George W. Bush dans la guerre contre le terrorisme, a expliqué pour sa part que les troupes resteraient sur place aussi longtemps que nécessaire. AP
pyr/v174/sb
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